Non. Non, je ne sais pas. Parce que je ne sais jamais rien, et que je ne suis jamais sûre de
rien.
Je crois que j'ai peur. Je ne sais pas de quoi.
Je lis de loin, je lis de près. Je pose ma peau sur ces mots, je réfléchis, je râle, je ris, je bougonne, je
marmonne toute seule devant ces textes. J'attends. Je relis. Je retourne au début. Je lis ailleurs. Nos ailleurs.
Pesons nos mots, je pèse mes maux. Les évalue. Les trouve inintéressants et ne les écris pas. J'éteins les feux ou
je ne les allume pas, je ne sais plus trop.
Je compte les failles, les fissures, les ridules et vergetures qui minent mon monde. J'y cherche le lissé et le
polissé qui nous interrogent.
Je suis toujours la même. Monstre inhumain et si humain à la fois. Je m'interroge sur la bêtise humaine en
générale et la mienne en particulier.
Et je lis.
Je nous lis.
Je lis les lecteurs.
Je suis nos chemins au travers de nous et d'eux.
Je lis, je lie.
Je mets en abîme. J'apprends. Je comprends. J'interroge. Je m'interroge.
Parce que ça marche, même comme ça. Parce que mon blog est moi, parce qu'il ne l'est pas. Parce que je suis mon blog, et que je ne le suis pas. Parce que la vie est un vieux cliché
contradictoire.
Par Bee
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Je suis à fleur de peau.
Je prends sur moi, je prends sur moi, je prends sur moi... Et je ne peux plus... J'ai déjà la nausée. Qu'importe. Je vais chercher les paquets de bonbons et de chocolat. Le premier que j'avale
m'écoeure déjà. Mais je continue. Je plonge ma main. Je mâchonne frénétiquement. Je bois pour faire passer. Je sais que je n'irai pas vomir, je ne m'en sens pas la force. Ça parait absurde. Mais
je suis fatiguée. Fatiguée de ce petit manège.
Écrire me fait prendre conscience de mes gestes. Je m'arrête. Éloigne les paquets... J'ai envie de pleurer. Ça ne se voit pas. Ça ne se verra pas. Mes mains restent en suspens au-dessus du
clavier, mes yeux errent à la recherche des paquets en exil. Bordel ! Non. J'ai dit non. Je ne veux pas. Pas ça. Merde ! Merde ! Merde !
Je bois pour remplir ma bouche. Envie de vomir. J'attrape le paquet de clope qui traîne, juste devant les bonbons. J'en allume une, tente de me calmer. Calme ? Tu parles ! J'ai toujours l'air
calme de toutes façons... Sauf quand je me mets à trembler.
Je croyais avancer. J'ai l'impression d'avoir fait des kilomètres en arrière. Envies morbides de retour. Chouette ! Venez, y'a de la place sous ma couette. Plus on sera de fous plus on rigolera,
paraît-il. Personne ne comprend. Personne ne me comprend. Et je mépriserai ceux qui feront semblant, ou qui en seront peut-être persuadés... Qui sait ?
Je n'avais plus de mots. Ils reviennent un peu. Mais ce ne sont pas ceux que je veux. Je voulais de l'espoir, de la vie, de l'envie, des projets. Et... Rien... Le grand vide. Le néant.
Je suis à fleur de peau.
Une fleur. Les fleurs ne sont pas faites pour vivre. On les coupe. On les arrache à la terre. Elles se fanent. Je suis une fleur de peau fanée, flétrie, fatiguée. Les pétales ont disparu pour
laisser place à un coeur à vif. Les quelques feuilles survivantes tentent de protéger ce coeur du monde extérieur, mais elles tombent une à une, épuisée par la lourdeur de ce fardeau.
La fleur se meurt. Et moi avec.
Par Bee
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Je me demande si je suis encore capable de faire l'amour sans être bourrée ou défoncée. Je crois que je ne sais
plus faire autrement. La honte et la peur l'emportent. Je donne mon coeur et mon corps, mais pas aux même personnes. Je hais les hommes à qui j'offre mon coeur, je remercie et méprise ceux qui
prennent mon corps. Je joue mon rôle et je joue ma vie. Pièce tragico-comique contre partie de poker. Je ne sais pas qui distribue les rôles et les cartes.
Je donne mon coeur comme une vierge timide. Je vends mon corps comme la catin la moins vénale que je
connaisse.
Vous avez de l'argent, une bouteille de vodka, un peu de cannabis, de la cocaïne ou même juste un peu de temps ?
Je suis à vous pour la nuit. Vous pouvez me prendre et me reprendre, me retourner et me torturer à loisir.
Je serai heureuse.
Amertume et acidité.
Éphémère et délétère bonheur.
Tout prend son sens ici...
Par RuBee
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Je sens les yeux posés sur moi. Oppressée. Chuchotements. Oeillades moqueuses ou méprisantes. Je les sens peser.
Je sens. Je crois. Non ! Pas ça. Pitié. Pas ça.
Victory rolls. Blondeur. Léopard. Noir. Hauteur.
Charbon ardent sur bleu ciel d'aube. Rouge sang aux lèvres. Rien n'y fait. J'y crois. Je bois. Vodka. Vodka. Vodka. Vodka. Vodka. J'ai perdu le compte... Le monde est flou. Les yeux dans le
vague, j'écoute d'une oreille distraite les conversations.
-...Connasse ! ...
Je le prends immédiatement pour moi. C'est moi la source de toutes les animosités. Tous les regards convergent dans ma direction.
"Clac !" J'allume une clope, tente de me calmer. Des corps, des visages, voix qui s'entremêlent. J'observe les filles boire et fumer. Charmante adolescence passée. Ça touche en plein coeur.
Coulée. Chevilles qui flanchent sur les talons de douze. Je vacille. J'aurais aimé avoir l'estomac vide pour que le léopard ne colle pas à mon ventre monstrueux. J'aurais aimé être belle à
damner. Fendre la foule comme une apparition. Rires. C'est encore de moi qu'on se moque. J'en suis persuadée. J'entends, j'imagine... Qu'importe ! Je crois... Et c'est ça qui fait place à
la douleur. Les voix sont des lames acérées qui s'enfoncent dans ma chair. Elles fusent, douloureuses. Plaies béantes. Souffrance.
Par Cherry Beebee
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Brise-moi.
Si tu m'aimes, détruis-moi. Délecte-toi de ma déchéance et ma souffrance. .
Dénonce-moi. Méprise-moi. Montre-moi mes incohérences et mes défauts. Dis-moi que les autres sont mieux.
Rappelle-moi que je ne suis pas elles. Expose mon absence de talent à la vue de tous. Dis-moi que je suis laide. Dis-le moi ! Je le sais. Je les hais pour ça... Les belles, les princesses, les
fines, les enfants gâtées par la nature, filles aériennes et évanescentes, perles nées du ciel et de l'eau. Les Emma, les Sarah, les Anne, les Gabrielle, les Lucie. Dis-moi combien tu les adules,
et combien je t'indiffère. Fais-moi mal. Je le mérite. Tire sur ma graisse, appuie sur mes rides. J'ai 23 ans, je suis vieille, grosse et moche. Je suis moche dehors, je suis moche dedans.
Crie-le moi. Crache-moi ma monstruosité au visage. Fais-moi mourir de jalousie... Montre-les moi, elles, les belles, les filles éthérées, leurs corps sublimés, dans leurs palais, pour mieux
m'enfoncer dans ma fange. Je lirai dans tes yeux tout le dégoût que je t'inspire. Je te verrai vomir mon existence. Je pleurerai. Je crierai de douleur d'être celle que je suis.
Et je te haïrai...
Mon amour.
Par RuBee
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