Mardi 10 janvier 2012
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Pendant ma grossesse, j'ai eu la chance d'être suivie par une sage-femme formidable. Je l'ai aussi choisie pour
les cours de préparation à la naissance, version sophrologie. J'ai apprécié un max être suivie par quelqu'un qui ne te fait pas de TV inutiles, qui te demande ta permission pour tout et qui
attend que TU décides à quel moment elle peut faire un TV, qui te propose qu'une étudiante passe après elle, tout en t'expliquant bien que c'est un choix et pas une obligation, qui se réjouit
autant que toi d'entendre battre le coeur de ton bébé, qui s'émerveille de sentir ton bout de chou lui donner des coups pendant une palpation, qui s'excuse d'avoir les mains froides, qui s'excuse
quand elle a du retard, qui connait ton nom, qui essaie de discuter avec toi de ton état psychologique, sans te culpabiliser. Une personne qui te répète que c'est toi, bien toi qui accouches et
non pas l'équipe médicale qui t'accouche, une personne qui s'émerveille des accouchements par le siège où le personnel ne fait que regarder et se tenir prêt au cas où*, une personne qui te donne
toutes les bonnes infos, qui te donne les clés pour bien vivre une césarienne ou un imprévu, une qui trouve un créneau dans son emploi du temps surchargé à la fin de sa journée de boulot pour
venir te voir dans ta chambre après l'accouchement....
Tout ce qu'en fait on pourrait attendre de nimporte quel médecin ou sage-femme qui s'occupe de grossesse.
Sauf que.
Sauf que ce n'est pas le cas... Tous ne sont pas aussi passionnés, ni même aussi conscienceux, et encore moins
aussi humains. Si je dis ça c'est parce que j'ai été confrontée au début de ma grossesse à un professionnel bien différent. Un gynécologue qui a failli me faire regretter d'être enceinte et me
dégouter de mon propre corps. Des gynécos j'en ai vu deux dans ma vie. Celle de ma mère qui m'a suivie à mon adolescence et que j'ai détestée dés la première visite. Une qui te fait mettre à poil
dans son cabinet glacial, qui te dit que tu as grossi d'un ton réprobateur quand elle te fait monter sur sa balance, qui t'engueule si tu n'es pas assez détendue pendant l'examen, qui pratique le
même examen quel que soit le but de ta visite, qui pratique un TV sur une vierge, qui utilise des gants suturés qui te lattent les muqueuses, qui te regarde à peine quand tu lui parles, qui ne
sourit jamais, qui te dit que non ce n'est pas possible que tu aies encore des douleurs de règles alors que tu prends la pilule. Non ce n'est pas possible ! Tu n'as pas mal. En bref, une qui se
fout totalement de ton ressenti.
Lorsque j'ai appris ma grossesse et que j'ai été voir mon médecin traitant, je lui ai demandé d'une toute petite
voix : "mais je suis obligée d'aller voir un gynéco ? ". Lui, élevé à l'ancienne école (même s'il est génial) m'a répondu que oui, c'était un peu obligé, il ne m'a pas parlé de la possibilité de
se faire suivre par une sage-femme, ni de la possibilité de se faire suivre par lui-même ou l'associé de son cabinet. Peut-être simplement parce que pour lui comme pour beaucoup de gens :
grossesse=gynéco, point barre. Il m'a dit "vous n'avez qu'à aller voir Mme B., elle est bien. " "Mme B. ? euh... Non j'ai été suivie par elle avant, ça ne s'est pas très bien passé..." Il a été
très surpris, mais n'a pas demandé d'explications... Il m'a proposé de simplement en choisir un dans l'annuaire et a ajouté que ceux du cabinet de la clinique P. avaient très bonne
réputation.
Je suis donc partie en quête d'un nouveau gynéco en espérant tomber sur cette perle rare que certaines m'ont dit
avoir trouvée. Je me suis retrouvée comme une conne devant la liste des gynécologues dans les pages jaunes à me dire que leur nom et leur numéro de téléphone ne me renseignaient pas énormément
sur leur potentiel humain. J'ai donc fini par appeler le cabinet de la clinique P. en me disant qu'au moins si j'accouchais dans cette clinique, mon gynéco à moi, rien qu'à moi, ne serait pas
loin... Au téléphone, l'accueil des secrétaires médicales n'a pas été très sympathique, et on ne m'a pas laissé le choix du médecin. "J'ai un créneau avec le Docteur G. le tant à telle heure..."
Bon, éh bien, c'est parti pour le Dr G. !
Et mes craintes se sont confirmées, ça n'a pas été. Un médecin perpétuellement en retard, qui case des rdv
toutes les 10 voire 5 minutes, alors qu'il lui en faut minimum 20 pour une consultation, mais qui ne semble pas faire ça pour l'amour de l'art et face à la pénurie de gynécos, mais plutôt pour
l'amour des honoraires. Un médecin qui avec un retard de 2h ne s'excuse pas, ni ne dit bonjour, un médecin qui ne me pèse pas (pour une fois) qui me demande juste mon poids, sans tenir compte de
ma taille et qui me dit que c'est trop et que je vais devoir me faire suivre pour l'alimentation. Après des années de ce par quoi je suis passée en matière de bouffe et d'image de moi, je vous
laisse imaginer ma joie d'entendre ça. Un médecin qui m'épargne le déshabillage complet pour la première consultation mais je n'y couperai pas à la deuxième. Un médecin qui remplit mal les
papiers administratifs dont j'ai besoin pour passer certains examens, qui ne fait pas de compte-rendu d'échographie correct donnant à un autre professionnel de santé toutes les infos dont il
pourrait avoir besoin. Un médecin qui ne m'explique pas que l'échographie sera endovaginale avant de m'enfoncer l'énorme sonde sans lubrifiant, qui laisse le papa assis sur sa chaise devant le
bureau à 10km du minuscule écran d'échographie, qui autorise quelqu'un à entrer dans la salle donnant sur un couloir passant alors que j'ai la jupe relevée sur la poitrine. Un médecin enfin qui
pratique un TV sans m'avertir auparavant et avant même que j'aie fini de m'installer sur la table, comme ça... Par surprise.**
Autant vous dire que j'ai apprécié... Et le papa aussi... Un peu plus et il y avait un massacre en salle de
consultation. Mais la "supériorité de la blouse blanche" nous a laissé trop interdits pour réagir sur le coup.
Et c'est en cherchant un nouveau gynéco que j'ai appris que les sages femmes et les médecins traitants pouvaient
très bien faire le suivi des grossesses non pathologiques. Ne connaissant pas les sages-femmes de ma ville, je me suis dirigée vers le service d'obstétrique de l'hopital, où on m'a donné rdv avec
la seule sage-femme ayant un créneau qui venait de se libérer : Mme M., ma sage-femme. Ma Super Sage-Femme.
* La maternité où j'ai accouché a un long passé d'accouchement en siège par voie basse. En 1995 ils étaient
de 44% parmi les présentations en siège, alors que dans certaines maternités les césariennes sont systématiques dans ce cas de figure.
** Au regard de la loi, je me demande si ça n'est pas un viol... En tous cas, en sensation,
c'est tout comme. La même culpabilité de s'être laissée faire sans protester. Le même dégoût...
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