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Note aux lecteurs égarés ici :

Ceci est un blog somme toute assez personnel, voire intime. Je n'y publie pas régulièrement, au point que l'on pourrait se demander s'il a vraiment une utilité. Pour moi il en a une. Ce ne sont souvent que des billets d'humeur, parfois des réponses à des commentaires ou à des articles non-cités. Parfois c'est -très humblement- poétique, parfois c'est chirurgical. Parfois c'est très noir, voir gênant, parfois ce n'est que joie du quotidien. Sans transition. Parce que je suis ainsi, mais qu'il n'y a qu'ici que je peux faire sortir ça de cette façon.


Certains textes peuvent être violents, parce qu'ils parlent avec crudité de sexe, de troubles du comportement alimentaire, de dépression, ou de viol. Ceci est donc un avertissement à l'attention de ceux qui ne souhaitent pas s'y confronter.

22 août 2016 1 22 /08 /août /2016 17:32

Ceci est la suite de mon article "Purge", je recolle le même texte qui va avec. Un énorme merci aux personnes qui m'ont envoyé des retours, sur mon corps, sur le travail que j'essaie de faire avec lui et sur les photos en elles-même. Je ne m'y attendais pas, mais vous avez révélé l'importance de l'exposition aux avis, même si ce n'est pas par eux que je dois réapprendre à appréhender mon corps.

 

"Afin d'appréhender au mieux mon corps si détesté, je me suis lancée dans une petite série de photographies de celui-ci. Le but est évidemment thérapeutique pour m'aider à le réapprendre ce corps, peut-être à l'accepter, voire à l'aimer au final. J'en suis encore loin.

 

Très loin pour le moment.

 

Je n'ai pu qu'accepter le noir et blanc et la douce lumière matinale, quelques morceaux de mon corps de-ci de-là, une main qui protège et essaie de calmer les tremblements, les points les plus problématiques pour moi évités soigneusement. Et pourtant encore, certaines des photos que j'ai prises me sont insupportables. Je ne peux même pas les regarder. Encore moins me dire que j'en suis le sujet principal. Donc je présente ici les fruits de mon petit travail personnel : les photos que j'arrive à regarder, presque avec tendresse, du moins celles qui ne me blessent pas trop.

 

Les partager fait partie du processus, je pense. Dire au monde que ceci m'appartient, ceci est mon corps. Essayer de ne pas en avoir honte. Perdre un peu du contrôle que j'exerce sur moi et mon image, prendre un risque. Bref.

 

TW /Avertissement de contenu : nudité, peau, gras, vergetures, marques corporelles."

Purge 2
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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 22:45

Afin d'appréhender au mieux mon corps si détesté, je me suis lancée dans une petite série de photographies de celui-ci. Le but est évidemment thérapeutique pour m'aider à le réapprendre ce corps, peut-être à l'accepter, voire à l'aimer au final. J'en suis encore loin.

 

Très loin pour le moment.

 

Je n'ai pu qu'accepter le noir et blanc et la douce lumière matinale, quelques morceaux de mon corps de-ci de-là, une main qui protège et essaie de calmer les tremblements, les points les plus problématiques pour moi évités soigneusement. Et pourtant encore, certaines des photos que j'ai prises me sont insupportables. Je ne peux même pas les regarder. Encore moins me dire que j'en suis le sujet principal. Donc je présente ici les fruits de mon petit travail personnel : les photos que j'arrive à regarder, presque avec tendresse, du moins celles qui ne me blessent pas trop.

 

Les partager fait partie du processus, je pense. Dire au monde que ceci m'appartient, ceci est mon corps. Essayer de ne pas en avoir honte. Perdre un peu du contrôle que j'exerce sur moi et mon image, prendre un risque. Bref.

 

TW /Avertissement de contenu : nudité, peau, gras, vergetures, marques corporelles.

 

Purge
Purge
Purge
Purge

Je pense que c'est assez pour aujourd'hui. J'en ai 3 de plus mais je ne me sens pas de les partager toutes en une seule fois. Avançons à petits pas. Peut-être mettrais-je les autres en ligne demain ou un autre jour. On verra. Baby steps.

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Published by Ursidéa Bé - dans éphémère
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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 00:59

La phrase résonne dans ma tête, je la murmure, la chuchote, la prononce, et la crie au milieu de la nuit. Je ne veux plus manquer à ma vie.

JE NE VEUX PLUS MANQUER A MA VIE.

Je me le dois à moi-même.

 

Je ne suis pas passée par tout ce que je suis passée pour rester là à végéter dans cette semi-conscience et cette peur. J'ai le droit d'être aimée complètement, entièrement. J'ai le droit à la vie. J'ai le droit de dire non, de refuser. J'ai le droit de ne plus vouloir vivre cette vie de faux-semblants. Je n'en peux plus d'être paralysée par la peur. La peur de rater, de me tromper, de manquer à ma vie en faisant le mauvais choix. C'est cette peur, cette terreur qui me paralyse et qui me fait manquer ma vie, mes émotions, mon bonheur. J'ai perdu 10 ans sinon 15 de ma vie, percluse de cette terreur et JE NE VEUX PLUS.

 

J'ai le droit de choisir. J'ai le droit de me tromper. Me tromper serait moins pire que cette paralysie. Je le dois à moi-même, à la personne que j'ai pu être, je le dois à ma survie, à la force déployée pour dépasser tout ce que j'ai vécu. Je me le dois pour faire mentir tous ceux qui m'ont enterrée vivante, enfermée dans ma coquille, tous ceux qui m'ont blessée, lacérée, déchiquetée en lambeaux.

Les lambeaux de moi ont été dispersés par le vent ?

 

ET ALORS ?!

 

C'est ce que je suis.

Une force vive, éclatée, en plusieurs morceaux, dispersée, pleurant, hurlant, riant comme une démente.

C'est ce que je suis.

Personne ne me l'enlèvera, même pas la partie de moi, timorée, qui n'ose pas bouger un orteil de peur de mal faire, de peur de l'erreur. Si je dois être une tornade un jour et une douce brise le lendemain, hé bien tant pis. Ou tant mieux. Que je sois tornade et brise à la fois. Je me le dois.

Le monde me le doit.

 

Qu'importe si je brise des branches au passage, qu'importe si je m'arrête en me prenant un mur.

Je suis le vent, la tempête et l'accalmie.

 

Je ne veux plus avoir peur, je ne veux plus attendre passivement, je ne veux plus me laisser porter par le courant.

 

JE SERAI LE COURANT.

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 09:56

Après avoir écrit mon dernier article, j'ai relu quelques vieux articles ici ainsi que leurs commentaires et je me suis dit que peut-être ma situation actuelle nécessitait un nouveau bilan ici pour mes anciens et fidèles lecteurs, voire pour les nouveaux. Et après tout, cela m'aide aussi à réfléchir à où j'en suis.

[Contenu/TW : TCA, poids, dermatillomanie, médication.]

Je crois que j'ai fait beaucoup de progrès d'une façon générale. Je ne suis plus boulimique ni anorexique. Très sincèrement je le regrette parfois parce que je suis maintenant grosse et que je ne l'accepte toujours pas. Je suis à la fois fière d'avoir dépassé mes TCA et désespérée de ne plus les "utiliser" pour façonner mon corps. Mais j'ai tout à fait conscience que si je rechute de ce côté-là, la reprise de poids ensuite sera pire que les précédentes, comme elle l'a été à chaque fois. Je fais donc quelque chose comme 110 kg. Ce nombre m'étouffe chaque fois que j'y pense et je continue de haïr mon corps même si paradoxalement je lui pardonne plus facilement qu'avant. Disons que j'ai fait un minuscule pas dans l'acceptation même s'il reste des dizaines de km à parcourir.

 

J'ai aussi appris un peu à apprivoiser mon trouble borderline. Je reconnais plus facilement les mécanismes à l'oeuvre dans ma vie, maintenant que j'ai un nom, des études, des témoignages pour les identifier. J'arrive donc à me distancier un peu d'eux, à avoir un certain recul sur eux. Pas toujours. Mais je gère mieux. Par exemple les relations interpersonnelles me sont toujours difficiles, mais globalement je m'en sors mieux qu'avant.

 

Je crois aussi que je me suis enfin autorisée à me voir comme quelqu'un de fort. Je suis forte. Je suis faible aussi souvent, mais j'ai pris conscience de ma force et d'où elle provenait. Elle provient de mon effort de lucidité et d'honnêteté. De ma recherche toujours plus poussée de l'honnêteté. L'honnêteté avec moi-même. L'honnêteté avec les autres aussi, mais pour celle-ci ce n'est pas encore gagné. C'est cette honnêteté qui m'autoriser à douter. Et c'est ce doute permanent qui construit mes réflexions, qui construit ma vie et ma personnalité. Je n'en suis consciente que depuis très récemment, grâce au commentaire de quelqu'un qui m'a énormément touchée. Ma force elle est aussi dans les Autres. Ma force elle est dans tout ce que j'ai pu retirer de ces rencontres avec des Autres. Par exemple Z., Cybèle, Gaby, Ophi, Myo, Tanx, ppm, Rémy, et bien d'autres encore, je ne pourrais pas nommer tout le monde alors je prends les + marquants (il y a même des anonymes de passage ici qui ont laissé leur trace sur ce blog, mais aussi dans ma vie). Vous avez souvent éclairé mon chemin, ouvert un tiroir dans ma tête, allumé la lumière dans une pièce sombre, fait fuir les ombres. Ces Autres qui ont si souvent fait mes faiblesses sont aussi là où je puise ma force régulièrement.

 

A ceux qui souffrent des mêmes maux que moi ou d'autres, j'ai envie de dire : prenez ce qu'on vous donne, même si ça ne suffit pas sur l'instant, même si vous pensez ne pas en avoir le droit, ne pas le mériter, prenez, jouissez. L'effet n'est pas forcément immédiat, mais peut-être plus tard vous vous rendrez compte de tout ce qu'on vous a apporté, de ce que vous avez gagné. Autorisez-vous aussi à vous donner à vous-même.

 

Pour le reste, je suis toujours sous traitement. Toujours sous Venlafaxine, mais couplé cette fois à de la Rispéridone. L'abilify me donnait faim tout le temps, et c'est avec lui que j'ai repris énormément de kilos. J'en prends toujours sous rispéridone, mais je n'ai au moins plus faim en permanence. J'ai un anxiolytique en plus que je ne prend que très peu. Je devrais probablement l'utiliser plus souvent mais je ne me l'autorise pas en fait. J'ai l'impression depuis quelques semaines de retomber dans une phase de dépression parce que tout m'est difficile : sortir, marcher, me lever, faire à manger, faire le ménage. J'arrive à me forcer un peu mais pas assez. Je ne sais pas encore ce que ça donnera, mais au moins je n'ai pas envie de mourir en permanence et j'ai conscience du chemin déjà parcouru, alors on peut dire que c'est "moins pire" que d'autres fois. De toutes façons je suis toujours suivie par le CMP où l'on s'occupe globalement bien de moi. J'ai un rdv mensuel avec un-e interne en psychiatrie, j'ai des rdv réguliers avec la psychologue qui est très à l'écoute et qui me pousse à réfléchir, à m'autoriser des choses, même si les effets ne sont pas toujours immédiat. Et j'ai la possibilité de plus en cas d'urgence. Les infirmier-e-s sont toujours disponibles s'il y a un problème.

 

Parfois j'aimerais encore plus, j'aimerais rencontrer des gens avec les mêmes pathologies, j'aimerais quelque chose comme une thérapie de groupe, comme des activités thérapeutiques, etc. Mais au final, ce que j'aimerais en plus, je le fais déjà par moi-même à mon échelle. J'ai rencontré d'autres personnes malades sur internet, Twitter alimente régulièrement ma réflexion, mon militantisme, ma sociabilité et ma reconnaissance dans mes semblables. Pour les activités, je me suis lancée à corps perdu dans le tricot, puis le crochet. Ca me fait un bien fou. Crocheter est une activité hypnotique qui m'apaise énormément. Créer est un exutoire et une découverte de chaque instant sur mes capacités. Je n'en reviens toujours pas d'avoir même osé ouvrir ma modeste boutique en ligne, d'avoir osé m'inscrire à des marchés IRL. Ca ne me rapporte que peu financièrement parlant, mais c'est toujours un plus, et pour mon ego c'est être milliardaire en appréciation de moi-même.

 

Pour les choses qui fâchent un peu plus, je suis toujours "au foyer" pour ne pas dire au chômage et cette situation ne me plait pas du tout. Je refuse de m'inscrire à Pôle Emploi parce que j'ai déjà expérimenté suffisamment l'enfermement et l'aliénation que cela implique. Mais je ne suis de toutes façons ni apte au travail, ni apte à une recherche active d'emploi, pour dire vrai, alors je ne vois pas trop quoi faire d'autre. J'ai sinon "remplacé", je crois, mes TCA par une forme de dermatillomanie. Pour être claire, je pince les pores de la peau de ma poitrine. Ce n'est pas innocent si c'est sur cet endroit que je me concentre, mais je ne développerai pas ici. Ma libido est au stade 0, et je suis plutôt une mauvaise compagne et une piètre maman, mais ça va. Ca pourrait être pire je crois. En tous cas c'est ce que je me répète souvent.

 

Globalement, ça ne va pas trop mal, sans aller vraiment. Mais j'ai avancé. Tout doucement, je mets un pied devant l'autre.

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19 mars 2015 4 19 /03 /mars /2015 10:10

Encore un petit bilan, pour vous dire où j'en suis maintenant dans ma vie, dans mes démarches, dans ma santé.

 

Je suis suivie au CMP (Centre Médico-Psychologique) dont je dépends par une psychiatre (qui change malheureusement régulièrement, mais pour l'instant elles ont toujours été chouettes. Et oui, toutes des femmes pour le moment. ) depuis environ un an et par une psychologue que je n'ai vue qu'une seule fois pour le moment, mais avec qui je vais avoir rendez-vous tous les 15 jours. J'ai essayé divers traitements médicamenteux qui ont plus ou moins fonctionné avec divers effets secondaires, mais on s'est dernièrement fixées, depuis un peu plus d'un mois, sur de la Venlafaxine, un IRSNa ( : inhibiteur de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline ;  un psychotrope antidépresseur et anxiolytique donc.) couplée à de l'Aripiprazole (Abilify), un neuroleptique atypique, de la sous-classe des antipsychotiques. Brrr que des mots flippants. Mais, en bref : c'est bien. C'est le mieux de tout ce que j'ai pu essayer et la différence est flagrante. Vraiment. Je me sens mieux, j'ai une activité qui commence à revenir à la normale, plus d'idées morbides, moins d'anxiété, même s'il en reste et je me sens globalement bien.

 

On m'a enfin diagnostiquée comme ayant un Trouble de la Personnalité Limite (appelé aussi Etat Limite, ou "Borderline".) et ça fait énormément de bien d'avoir enfin un nom à poser sur tout ce par quoi j'ai pu passer. ENORMEMENT. Ca concorde avec mon instabilité, mon impulsivité, mon hypersensibilité, ma gestion (moisie) des relations interpersonnelles, mes troubles de l'attention et de la concentration ainsi que mes problèmes d'image de moi.  Mes TCA rentrent aussi dans le schéma. Se dire qu'il y a un nom, une pathologie, un schéma, un cadre dans lequel tout ce que j'ai vécu rentre, oui ça fait un peu peur, mais ça fait REELLEMENT du bien. Comme dit récemment à ma psy, enfin je vais pouvoir me dire que non je nesuis pas "juste" un sale caractère chiant et paresseux, que je ne le fais pas "exprès" (oui, parce qu'il m'arrivait encore de le penser au fond de moi, hein, des fois, en culpabilisant à fond les ballons. ). Enfin, si on me pose des questions, je pourrai répondre plus précisément, j'aurai un diagnostic pour faire "autorité", pour expliquer.

Bref, rien que ça, ça fait tellement de bien, donc je vais mieux.

 

Pour le reste, j'arrive à me lever le matin sans problème, j'arrive à sortir de chez moi idem, je me suis lancée dans le tricot et plus récemment le crochet, je me suis remise à la couture et aux perles. Je vis, quoi. Des trucs qui paraissent normaux à la plupart des gens, mais qui pour moi ont été si difficiles. Et surtout, surtout je finis des choses. Celleux qui m'ont suivie toutes ces années et les plus proches d'entre celleux qui vont me lire ici savent à quel point ça a été un problème récurrent chez moi : ma peur et mon incapacité totale à terminer les choses. Arriver au bout d'un tricot et me dire "je l'ai fait" est donc une délivrance intense pour moi et je ressens enfin ce que ça fait d'avoir un pied dans les petits bonheurs quotidiens. Je me sens enfin "capable", "en capacité" de faire des choses de A à Z.

Par ailleurs, je dors plus et mieux. Je ne compense plus mes quelques excès de nourriture, et il y en a quelques-uns. J'ai maigri puis regrossi, je crois. Toute la nuance de mon état tient dans ce "je crois". Ca fait plusieurs semaines, plusieurs mois, que je ne me suis ni repesée, ni surtout, puisque c'est mon échappatoire habituelle à la balance, mesurée. Et je n'ai pas l'intention de le faire dans les prochains jours.

 

Voilà. Je crois avoir fait le tour pour le moment.

 

Pour celleux qui m'ont suivie uniquement ici, je voulais juste dire que je ne reviendrai probablement que sporadiquement pour donner des nouvelles ou si ça ne va plus, mais que je blogue au sujet de mes petites (et parfois plus grandes) créations, plus régulièrement maintenant, sur une nouvelle adresse (clic clic), si le coeur vous dit de passer me faire un coucou et/ou voir ce que je deviens.

Voilà. Je vais plutôt bien. ^_^

Bien à vous, tout ça.

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30 juin 2013 7 30 /06 /juin /2013 04:06

Me surprendre à grogner et feuler de contentement en rentrant seule à nuit noire.

Ce sentiment de toute puissance que j'avais oublié.

Je suis donc bien rentrée.

Et je pense à ce jour. Ce jour où vous ne me demanderez plus de vous confirmer que je suis rentrée sans encombre. Ce jour où vous aurez compris que je suis une lionne, une louve, une ourse. Et que ce qui pouvait m'arriver de pire est derrière moi. Ce jour où vous aurez compris que c'est ça qui fait ma force.

Je n'ai pas peur des mecs dans deux bagnoles qui m'ont hurlé des insanités sur le chemin.

Je n'ai pas peur de celui qui a carrément ralenti pour me parler et me demander s'il pouvait me ramener à bon port contre "rétribution".

Et ce n'est pas le gros mousqueton dans ma main comme un poing américain qui m'empêche d'avoir peur.

Non, ce n'est pas ça.

C'est cette conscience d'être vivante et intouchable, en quelque sorte, presque violente. Cette envie de humer la nuit.

Et de me foutre de tout. Particulièrement du connard fier, la bite à la main, le volant dans l'autre.

Que pourrait-il me faire qui m'effraierait de toutes façons ? Que pourrait-il me faire que je ne connaisse déjà ?

C'est lui qui devrait avoir peur. Peur de moi, de ma force, de ma joie, de ma colère, de ma rage, de ma morsure.

Il ne le saura jamais parce que j'ai préféré regarder les étoiles en souriant et en respirant l'odeur de la nuit.

C'est peut-être la seule chose que je regrette. Il ne saura pas. J'ai continué ma route la main dans le feuillage humide des haies.

 

J'aime la nuit. J'aime la rue. Elles sont à moi, et personne ne m'enlèvera ça. Même si j'ai un vagin et pas une bite. Personne.

Et pour ceux qui s'inquiètent : oui, votre inquiétude est touchante. Mais elle est glaçante. Vous avez peur d'un truc dont je me fiche.

Le jour où je me suis fait violer, il ne faisait pas nuit. Le second viol, je n'étais pas dans la rue.

La fois où j'ai pris le plus de coups je n'étais pas dans la rue avec un inconnu.

La fois où j'ai eu le plus mal c'était avec quelqu'un que j'aimais

La fois où j'ai eu le plus peur, j'étais seule.

Alors rentrer chez moi seule la nuit c'est une délivrance. Un bonheur intact. Ce fameux sentiment de puissance que personne ne pourra briser.

 

J'aime la nuit. J'aime la rue. J'aime caresser les feuilles que je croise en écoutant le vent et les voitures au loin.

J'aime l'odeur du goudron qui se refroidit après le soleil ou qui se réchauffe après la pluie.

J'aime l'odeur de terre humide qui se dégage de l'herbe en bordure de route.

J'aime même l'odeur de sueur et d'essence du mec dans sa bagnole qui s'adresse à moi depuis sa vitre baissée.

Je suis un animal nocturne. La nuit est un refuge pour oublier les terreurs du jour. Et rien ne peut m'y atteindre.

Et je rentre chez moi en paix avec moi-même et le monde.

 

Ne vous inquiétez pas.

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 16:23

"Faire un enfant n'est pas une thérapie. Quoi qu'en croient certains. Plus la grossesse avance, plus je sens ce bout de vie gigoter en moi, plus je me pose de questions, plus cette vie me fait peur. "

 

Voila ce que je commençais à écrire début août. Pourtant tout a changé depuis. Je me pose toujours des questions, évidemment.  Mais je me sens sereine. J'écoute et je sens cette vie qui s'éveille en moi.  Je pense peu, ou moins, à l'avenir. Je me concentre sur le présent, sur ces perceptions qui m'émerveillent à chaque instant, et qui m'emplissent mieux que n'importe quelle nourriture ne l'a fait jusqu'à présent. Je m'impatiente un peu, curieuse de ce que seront nos vies après, mais sans plus. Je savoure les sensations que me procure ce petit être qui me donne des coups et qui s'agite quand je ris un peu trop fort... Évidemment je suis fatiguée parfois, et les questions reviennent en masse dans ma tête. Mais même si certaines peurs sont bien présentes, dans l'ensemble, je me sens bien.

 

Une révolution en soi...

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 10:10

Il y a des années qui commencent bien et qui ne suivent pas tout à fait aussi bien.

Il est des coups de mou qui donnent envie de se rappeler les bons moments...

 

Mon coup de mou du jour c'est ma dernière candidature pour un boulot sur lequel je comptais beaucoup qui me laisse un sentiment plutôt mitigé et légèrement amer...

Alors je me replonge dans les souvenirs d'il y a quelques jours, ce début d'année si prometteur. Je pense avoir passé les meilleures vacances de ma vie... Je ne me suis jamais sentie aussi sereine, aussi joyeuse et heureuse d'être là avec des gens que j'aime, dans des endroits qui rappellent que la vie est un cadeau précieux... Je me suis sentie si bien ces derniers temps que je crains de plus en plus de tomber dans la mièvrerie... Un peu plus chaque jour, j'avais ce sourire niais sur les lèvres qui s'agrandissait... Et c'était bon...

Bon comme de regarder le monde du haut d'une frontière, les cheveux dans le vent, et d'avoir envie de hurler son bonheur d'être là.

Bon comme de serrer des amis dans ses bras.

Bon comme de regarder une aquarelle grandeur nature en mouvement et en 3 dimensions.

Bon comme une douleur dans tout le corps à force de rire.

Bon comme du sel qui vous mord la peau.

Bon comme une douce odeur de ragoût qui cuit.

Et maintenant, et jusqu'à la fin de mes jours :  bon comme une première semaine de janvier 2011...

 

Alors forcément, retomber dans la réalité de la vie socio-économique actuelle après un tel plané laisse un drôle de goût dans la gorge... Retourner aux charmantes chansons du capitalisme sauvage, du patron paternaliste et aux hymnes à la gloire de l'employé modèle qui jamais ne demandera de pause, qui jamais ne sera syndiqué, qui jamais ne sera bien payé, qui jamais ne devra se demander pourquoi on lui impose de savoir ce qu'est une crémaillère, une drawing gum, les différents formats de châssis entoilés, et les différentes méthodes de fabrication de l'aquarelle et de la peinture à l'huile pour au final faire de la manutention...

 

 

...

Finalement, cette réalité me semble plus irréelle que mon rêve de début d'année...

 

reve.jpg

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 05:30

En ce moment, je déborde d'envies de faire des choses.


Bon.

Le Mâle ne le croira sûrement pas et se gaussera en lisant ça.

Voui, c'est pas parce que je reste enroulée dans la couette sur mon canapé toute la journée que je ne fais rien (enfin presque)...  En réalité, je trime comme une folle sur l'ordi, (à ce sujet j'ai plus de n'yeux...), je cherche, je fouille, je fouine, je lis, j'apprends... Parce que mes envies du moment, ce sont en grandes parties des créations de mes petites mains blanches (comprendre grandes paluches blafardes de bûcheronne).

Mes envies du moment, c'est réaliser moi-même un corset, une sur-jupe à tournure, une tenue complète victorienne (ou deux ou trois ou quatre... on verra quand j'aurai lancé la première... ), c'est créer des bibis et différents chapeaux et coiffes, c'est apprendre plus de façons de me coiffer en fonction de mes fringues (oui parce que c'est bien beau si j'arrive à faire tous ces costumes d'époque... mais une dame ne doit pas sortir en cheveux, c'est bien connu...).

Bref.

J'ai des envies et des idées plein la tête.


Alors je furète sur le net, je cherche des modèles de robes à vendre, parce que mon côté flemmarde ne sommeille jamais, et je me rends compte qu'une robe coûterait mon salaire mensuel d'animatrice commerciale... Du coup, je continue de fouiner sur la toile, à la recherche du bon plan. Ben oui... Mon côté flemmarde ne dort jamais... Et des bons plans, il n'y en a presque pas. Et toujours pas dans mes moyens actuels. On verra donc quand j'aurai gagné à l'Euromillions. Pour ça, il faudrait déjà que je joue... Passons. Alors j'avale des tutos de couture, de broderie, de coiffure, de maquillage, de chapellerie, de corseterie. Je me papillonne les yeux à coups de gravures anciennes et de photographies plus récentes. Et toutes ces choses me donnent des idées, des envies en pagaille.

Je m'effraie de la montagne de choses à apprendre et à faire.

Et puis je me souviens subitement de ce que j'ai déjà appris toute seule comme une grande (ou pas...). Faire des pin-curls, des victory rolls, des chignons bananes savamment décorés (Oui, mes chevilles vont bien merci.), utiliser des blogs, faire du html et des css, même si je reste une novice dans ce domaine, prendre mon courage à deux mains pour peindre un truc sur une toile de 50 par 50, me remettre à la cuisine et faire des expériences culinaires pas toujours réussies, apprendre des choses sur Mucha, apprendre des choses sur les pin-ups, apprendre le nom des modes et costumes au fil de l'histoire, apprendre tout court.

Et c'est là que subitement je me rends compte...


Je pleurais sur le temps qui passe et les années perdues enfermée chez moi à ne rien faire. Je pensais que tout ce que j'avais appris pendant ce temps, c'était savoir calculer mon IMC de tête, calculer les calories contenues dans mon assiette, connaître les endroits où l'on ne découvrirait pas de cicatrices, savoir vomir en silence, repérer où cacher la nourriture à crise, choisir les meilleures façons de s'enrouler dans une couette, trouver les meilleurs prétextes pour ne pas se lever et ne pas mettre le nez dehors... Mais en fait non.


Il y avait autre chose derrière. Il y avait un bout de la gamine que j'ai été qui continuait à être avide d'apprendre. Elle restait discrète et besognait en silence pour le jour où enfin je déciderais de me sortir les doigts du cul et où j'ouvrirais la porte de l'immeuble pour voir les premiers flocons de neige de l'année tomber sur le monde et où je trouverais ça immensément beau. Oui, parce que la petite fille qui aime apprendre est aussi très cul-cul la praline sur les bords (et au milieu).


Bref. Je ne sais plus ce que je voulais dire dans cet article avec toutes ces digressions... Je crois que ce qui est sûr, aujourd'hui, c'est que petit à petit, je recolle les morceaux de moi et de ma vie, jusqu'au fabuleux jour où je ne ferai plus qu'un avec moi-même.


Oui, je sais c'est très confus, y'a pas de ligne narrative et ça n'a pas de sens, mais c'est comme ça. C'est comme moi.

 

PS : Oui je sais, je n'ai pas écrit les articles que j'avais promis, et tout et tout, je publie plus que sporadiquement sur mes blogs, je n'ai pas fait les dessins promis non plus, je n'ai pas donné de nouvelles régulièrement, mais comme dirait l'autre : J'ai pas le teeemps, mon espriiiit est ailleeeurs.

...

Et c'est quand je commence à faire des références de merde comme ça que je me dis que, heureusement pour vous, je n'écris plus beaucoup !

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 17:30

Enfin un peu de calme pour donner des nouvelles... Trop de calme d'ailleurs... C'est une sensation étrange après trois semaines de boulot.


Donc, pour les nouvelles : je vais bien. Oui-oui ! Promis ! Juré ! Craché !

 

J'ai cherché du taff, fait des démarches tout ça, tout ça... Rien de bien passionnant en soi, mais très prenant, et très démoralisant quand on se prend des portes dans la gueule à tour de bras...Et donc, après quoi ? Six mois de recherches intensives ? J'ai enfin été prise sur deux postes quasi en même temps... Bon, rien de très folichon, hein... Faut pas déconner non plus. Vous croyiez quand même pas que j'allais me retrouver chef de projet pour le ministère de la défense avec seulement un bac en poche, aucune expérience dans un domaine particulier, et des trous de plusieurs années dans mes CV ? Ben moi non plus.

 

Premier job : placer des cartes de paiement pour une grande enseigne de supermarchés et d'hypermarchés... Ah ouais... Quand même... Journée de recrutement : on nous informe sur le produit... Bizarrement, ça sent déjà l'arnaque, le crédit et les huissiers à plein nez...Bizarrement², pour un job de relationnel et de vente, je suis la seule, avec les recruteurs, à être en tailleur dans la pièce. Après les infos sur le produit et des petits jeux de rôles, chacun repart chez soi, et Waouh, top moumoute, je suis prise... Ouais, enfin... A Exincourt... Ça me fait un peu long de trajet pour aller vendre un produit qui m'horripile déjà... Je refuse mais précise que je reste dispo pour "plus près"... Résultat, j'ai été rappelée peu après, pour du "plus près", justement... Grumpf... Bon ben tant pis... Faut relever les finances, j'ai besoin de ce taff, alors la morale et l'éthique vont aller se cacher discrétos dans un coin, le temps que je bosse...

 

Grand jour arrivé, je suis stressée comme un chat devant une baignoire remplie, tirée à quatre épingles, tailleur noir, haut turquoise pour faire ressortir les yeux, chignon de la mort qui tue, et maquillage light-mais-qui-prend-des-heures-à-réaliser. Et ça y est, j'ai été balancée direct dans le fabuleux monde du travail mais aussi de la (sur-)consommation. Me voila donc, debout comme un piquet à l'entrée du magasin, sourire scotché, apostrophant la moindre personne qui passe d'un "Bonjour Monsieur/Madame/Mademoiselle, avez-vous la carte du magasin ?" .... L'horreur... Après trois heures, je commence à sérieusement avoir mal partout.... Mais finalement, au bout de mes sept heures réglementaires, j'ai pulvérisé les objectifs de placement... Gros étonnement. Félicitations du chef du service client et tout le toutim. Je ne saurai jamais ce que j'avais bouffé ce jour-là, mais y'avait sûrement du lion et des petits bouts d'homme politique dedans.... Le reste de la semaine a été moins folichon au niveau des résultats... J'ai oscillé entre pile-poil l'objectif de vente et des scores minables, tels qu'une ou deux cartes par jour.... Mais les boss étaient contents de moi puisqu'ils m'ont repris pour la semaine suivante. A 81 euros net la journée, je veux que je repars pour un tour, tiens ! Petite semaine de trois jours, calme, avec quelques ventes, mais pas de dépassement d'objectif. Puis je suis repartie d'où j'étais venue, après avoir sympathisé avec les commerciaux du service client et avoir donné mes coordonnées à différents professionnels, totalement fourbue.


Deuxième job : hôtesse d'accueil pour un salon international de professionnels des micro-techniques. Je me pointe au recrutement, toujours en tailleur... Première surprise : en fait, la seule épreuve du recrutement consiste à essayer l'uniforme des hôtesses... Et là, c'est le drame... Mes fesses ne veulent pas rentrer dans leur fichue jupe. J'en pleurerais. Situation quelque peu cocasse d'une Beebee coincée dans une jupe et qui se contorsionne pour réussir à l'ôter, parée d'une chemise trop petite aux bras, et d'un paletot que je ne peux pas fermer à la poitrine. Je me fais subitement l'effet d'être Shrek... Je sors dépitée de la salle d'essayage en tendant l'uniforme et en disant que je ne rentre pas dedans...

(Taille 42, mon cul, oui !)


Consolation : je discute avec la responsable du recrutement de l'agence qui m'apprend qu'ils ont aussi besoin d'opératrice de saisie sur ce salon, et je balance ma carte maîtresse : Ouiiiiiiiiiiiii, je sais taper à l'ordinateur !  On me fait passer deux-trois tests (consistant en réalité à taper un texte extrait d'un journal local... bourré de fautes... ), je les remporte haut la main. J'ai fait zéro faute au texte, ce qui est un véritable exploit vu les coquilles qu'il contenait... Je suis donc prise en tant qu'opératrice de saisie, la semaine juste après la fin de mon premier job.


Semaine super sympa, les gens avec qui on bosse sont géniaux, le boulot n'est pas exténuant, bonne ambiance avec l'équipe, fou-rires garantis tous les jours. Juste quelques petits problèmes aux niveaux des contrats. Personne n'est fichu de nous donner de renseignements dessus, et ils se renvoient la balle entre eux pour les responsabilités. Un dernier jour un peu amer à cause de ces histoires de contrats et parce que les "dirigeants" créent un clivage entre les hôtesses et les opératrices, alors que l'équipe reste soudée. Pour faire court : les gens de l'agence ne s'adressent qu'aux hôtesses et snobent les opératrices, les hôtesses ont un plateau repas le midi, les opératrices niet, que dalle, nada, elles amènent elles-même leur petit sandwich fait maison, les hôtesses seront payées une heure de plus, on ne sait pas trop en quel honneur, et les dirigeants ont "oublié" d'inviter les opératrices au pot-débriefing de fin du salon... Je n'ai donc pas eu droit à la photo de groupe, ni à la rose offerte à chaque hôtesse... Gloups.


Comme j'ai déjà écrit des tartines, je vous laisse là, et je vous donne rendez-vous très bientôt pour un autre petit article vous donnant plus de nouvelles "personnelles" et psychologiques. Bises à vous. Moi je retourne chercher du boulot, en attendant ! 

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Published by Mlle B. - dans éphémère
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