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Note aux lecteurs égarés ici :

Ceci est un blog somme toute assez personnel, voire intime. Je n'y publie pas régulièrement, au point que l'on pourrait se demander s'il a vraiment une utilité. Pour moi il en a une. Ce ne sont souvent que des billets d'humeur, parfois des réponses à des commentaires ou à des articles non-cités. Parfois c'est -très humblement- poétique, parfois c'est chirurgical. Parfois c'est très noir, voir gênant, parfois ce n'est que joie du quotidien. Sans transition. Parce que je suis ainsi, mais qu'il n'y a qu'ici que je peux faire sortir ça de cette façon.


Certains textes peuvent être violents, parce qu'ils parlent avec crudité de sexe, de troubles du comportement alimentaire, de dépression, ou de viol. Ceci est donc un avertissement à l'attention de ceux qui ne souhaitent pas s'y confronter.

28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 15:05

Aujourd'hui en 2013, je vais mieux.  Pas "bien", juste mieux. Mais ce n'est pas de ça que je suis venue vous parler.

Aujourd'hui en 2013, je suis inscrite sur Twitter.

Aujourd'hui, en 2013, je découvre que l'année dernière un hashtag y a beaucoup fait parler de lui. Je n'étais pas encore inscrite je pense. Ou pas très assidue.

Aujourd'hui en 2013, je découvre donc le hashtag #jenaipasportéplainte . Une avalanche de tweets qui a déferlé sur la toile. Mais aussi des messages privés. Parce que la parole publique est encore difficile. Pour en savoir plus il faut aller . Je lis donc et je me pose la question. Et moi ? Pourquoi je n'ai jamais porté plainte ? Les réponses affluent, similaires à d'autres. Elles se divisent en 3 parties, ceux qui me connaissent le savent.

 

Dans les années 90, je n'ai pas porté plainte, parce que j'étais jeune, j'avais peur, j'avais honte.

Dans les années 90, je n'ai pas porté plainte, parce que c'était mon cousin et que j'avais peur que ça détruise la famille.

Dans les années 90, je n'ai pas porté plainte, parce que ce n'étaient "que des attouchements" et que je pensais qu'on ne me croirait pas.

Dans les années 90, je n'ai pas porté plainte, parce que j'ai fini par en parler à mots couverts à ma mère, forcée par une assistante sociale, et qu'elle n'a pas compris, pas entendu, ou qu'elle n'a pas voulu comprendre et entendre.

Dans les années 90, je n'ai pas porté plainte, parce que lorsque j'ai voulu parler à ma mère, je me suis faite engueuler. Elle a dit "pourquoi parler à quelqu'un de l'extérieur de problèmes qui concernent la famille ? " Elle parlait de l'assistante sociale-psy du collège. Alors qu'est-ce que ça aurait été avec la police.

Dans les années 90, je n'ai pas porté plainte, parce j'aimais ma cousine, mon oncle et ma tante. J'avais peur de les perdre.

 

Dans les années 2000, je n'ai pas porté plainte, parce que j'avais honte, parce que je me sentais coupable.

Dans les années 2000, je n'ai pas porté plainte, parce que c'est moi qui avais voulu parler à un inconnu, parce que c'était moi qui m'étais mise dans cette situation. Parce que c'était ce que je pensais, et parce que c'était ce que je pensais qu'on penserait.

Dans les années 2000, je n'ai pas porté plainte, parce que j'aurais dû refuser d'entrer dans ce local. Parce que j'aurais dû dire non plus tôt. Parce que j'avais peur qu'on me le reproche. Parce que je me le reprochais déjà toute seule.

Dans les années 2000, je n'ai pas porté plainte, parce que j'ai eu des occasions de partir et que je ne les ai pas saisies. Parce que j'étais tétanisée.

Dans les années 2000, je n'ai pas porté plainte, parce que je voulais que ça ne soit pas arrivé. Parce que je ne voulais pas me rappeler comment c'était arrivé. Avec la culpabilité qui aurait accompagné la vérité.

 

En 2008, je n'ai pas porté plainte, parce que j'étais ivre.

En 2008, je n'ai pas porté plainte, parce que c'était chez un copain.

En 2008, je n'ai pas porté plainte, parce que c'était un ami d'ami et que je ne voulais pas que ça foute la merde partout.

En 2008, je n'ai pas porté plainte, parce que j'avais du mal à y croire, parce que je ne voulais pas qu'on étale mon passé dans un tribunal, parce que je ne voulais pas qu'on enquête sur ma vie, parce que je pensais qu'on ne me croirait pas.

 

Voilà... Probablement que plus personne ne vient ici, mais ça n'a pas d'importance. J'avais juste envie de revenir dessus.


Parce qu'aujourd'hui, en 2013, je suis effarée quand des gens ne veulent pas croire que les stats judiciaires des agressions sexuelles sont bien en-dessous de la réalité, quand des gens refusent de voir à quel point la machine de la société est bien huilée pour que tout ça reste dans un joli placard sombre, quand des gens ne veulent pas croire au harcèlement de rue, quand des gens ne veulent pas arrêter de juger celles (et ceux) qui ne portent pas plainte...

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 07:00

Ce blog reste définitivement l'endroit où je m'épanche quand je vais mal...

Et je vais mal... Et je le cache parce que ma douleur est moche. Ma douleur a le goût amer de la nostalgie, de la frustration et du dégoût de moi-même.

Je savais que j'avais regrossi depuis l'accouchement. Je le savais. J'avais commencé à faire attention à ce que j'avalais il y a deux mois, tout en ne voulant pas me restreindre réellement. Exit le Nutella. Exit les Kinder. Exit les chips. Bonjour les légumes, les fruits, les plats basse calorie... Oui mais... Ça ne suffit pas. Et ce soir, j'ai voulu me peser pour voir. Et BAM ! Claque dans ta gueule, grosse baleine ! Le nombre me cueille en plein coeur. Crochet dans l'estomac. J'ai la nausée.

Un 9. Il y a un PUTAIN DE BORDEL DE MERDE de 9 en dizaine dans ce nombre. J'ai envie de pleurer, mais ça ne vient même pas. Je me sens lasse, fatiguée, dégoutée. La voix de cette salope de wii m'annonce "Oulalala ! C'est trop élevé ! " . Ta gueule, sale pute. Je le sais déjà.  L'aiguille se fixe dans la zone rouge de l'obésité. J'ai mal.

J'ai mal au coeur. J'ai mal à l'estomac. J'ai mal à cette graisse qui m'enrobe tel un cocon pas tellement douillet.

93,5kg.

93,5kg.

93,5kg.

93,5kg.

93,5kg.

93,5kg.

Ça tourne dans ma tête et ça envahit l'espace. Je regarde ma bouteille de coca d'un autre oeil. Elle finira au fond de l'évier et j'en profiterai pour attraper une bouteille d'eau.

93,5kg.

Je n'oserais même pas le dire en vrai si on me le demandait.

93,5kg.

J'avais jamais été si haut, bordel.

93,5kg.

Je suis un monstre.

93,5kg.

Je me dégoûte.

93,5kg.

Mes yeux me font mal de sécheresse et je pleure de l'intérieur.

93,5kg.

Pauvre conne... Tu voulais voir la vérité en face, ben maintenant tu l'as vue. T'es contente de toi ?

Les pensées qui trottaient dans ma tête ces derniers temps en profitent pour prendre toute la place. La ritournelle des goulées d'eau qui s'enchaînent, le refrain des griffures sur le bras, la rengaine du "Je n'ai pas faim." , la scie du contrôle qui ne contrôle rien.

Elles sont toutes là. Mes amies. Mes ennemies. Mes soeurs. Mes confidentes. Pensées nuisibles qui m'achèveront un jour quand je n'aurai plus le courage de les voir revenir. Quand je n'aurai plus le courage de les écouter.

93,5kg.

Ce corps, ce n'est pas moi. Non ce n'est pas moi. Moi je suis une foutue bombasse, vulgaire, violente et tendre. Je suis juste bien cachée. Je ne sortirai probablement plus jamais. La chair a vieilli, elle ne supportera pas mes nouvelles tentatives désespérées pour sortir de ce corps. Pour le façonner, le malmener à merci.

93,5kg.

Je souffre en soufflant mon dégoût en volutes de fumée grise.

93,5kg.


Les beaux jours de ce blog reviennent.

Ou pas.

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 21:21

Aujourd'hui est un jour funeste.

Aujourd'hui ma vie et ma ville sont comme en deuil.


Rien de "grave", hein... Juste une bêtise qui laisse un goût amer dans la bouche.


Aujourd'hui ma ville a commencé l'abattage des platanes qui bordent un des quais, pour permettre à un futur tramway très controversé de passer sur ces mêmes quais. Il y a eu une levée de boucliers, des pétitions, pour empêcher l'abattage de ces dizaines d'arbres qui font le paysage du centre-ville. Rien n'y a fait, le tram passera là où les arbres disparaîtront. Tout au plus, la ville a vaguement proposé de replanter de nouveaux platanes, ou plus probablement des tilleuls, le long de la voie de tramway, sans que ce soit une réelle promesse.


Bref. Aujourd'hui, donc, l'abattage a commencé. Je ne peux pas sortir me promener pour voir "ça", mais les photos commencent déjà à circuler depuis ce matin sur les réseaux sociaux. J'ai l'impression d'assister de loin à un carnage, un désastre.

Je ne vais pas développer sur ce que je pense du projet de tram, ou sur le fait de planter des tilleuls plus tard... Mais j'ai juste envie de pleurer un peu, parce que la ville n'aura plus jamais le même visage. J'ai l'impression que maintenant elle sera une face sans nez.

 

Ces quais, je m'y suis promenée maintes et maintes fois, je les ai photographiés, je m'y suis assise en attendant un rendez-vous, je m'y suis pris les pieds dans les racines des platanes, j'y ai shooté dans les feuilles tombées à l'automne, j'y ai jeté du pain aux canards... Ces arbres m'ont vue grandir... Et les voir se dénuder, se faire démembrer, avant qu'on les déracine, ça me jette une larme au coin de l'oeil et ça me fait un peu mal, là, au-dedans, entre le ventre et le coeur...


Comme une saveur d'antan qu'on ne retrouvera plus jamais et qu'on cherchera indéfiniment en goûtant plusieurs fois ce nouveau paysage aride...

 

http://www.youtube.com/watch?v=nZuraK4cBY4

 


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10 janvier 2012 2 10 /01 /janvier /2012 12:12

Pendant ma grossesse, j'ai eu la chance d'être suivie par une sage-femme formidable. Je l'ai aussi choisie pour les cours de préparation à la naissance, version sophrologie. J'ai apprécié un max être suivie par quelqu'un qui ne te fait pas de TV inutiles, qui te demande ta permission pour tout et qui attend que TU décides à quel moment elle peut faire un TV, qui te propose qu'une étudiante passe après elle, tout en t'expliquant bien que c'est un choix et pas une obligation, qui se réjouit autant que toi d'entendre battre le coeur de ton bébé, qui s'émerveille de sentir ton bout de chou lui donner des coups pendant une palpation, qui s'excuse d'avoir les mains froides, qui s'excuse quand elle a du retard, qui connait ton nom, qui essaie de discuter avec toi de ton état psychologique, sans te culpabiliser. Une personne qui te répète que c'est toi, bien toi qui accouches et non pas l'équipe médicale qui t'accouche, une personne qui s'émerveille des accouchements par le siège où le personnel ne fait que regarder et se tenir prêt au cas où*, une personne qui te donne toutes les bonnes infos, qui te donne les clés pour bien vivre une césarienne ou un imprévu, une qui trouve un créneau dans son emploi du temps surchargé à la fin de sa journée de boulot pour venir te voir dans ta chambre après l'accouchement....

Tout ce qu'en fait on pourrait attendre de nimporte quel médecin ou sage-femme qui s'occupe de grossesse.

 

Sauf que.

Sauf que ce n'est pas le cas... Tous ne sont pas aussi passionnés, ni même aussi conscienceux, et encore moins aussi humains. Si je dis ça c'est parce que j'ai été confrontée au début de ma grossesse à un professionnel bien différent. Un gynécologue qui a failli me faire regretter d'être enceinte et me dégouter de mon propre corps (comme si j'avais eu besoinde lui pour ça ). Des gynécos j'en ai vu deux dans ma vie. Celle de ma mère qui m'a suivie à mon adolescence et que j'ai détestée dés la première visite. Une qui te fait mettre à poil dans son cabinet glacial, qui te dit que tu as grossi d'un ton réprobateur quand elle te fait monter sur sa balance, qui t'engueule si tu n'es pas assez détendue pendant l'examen, qui pratique le même examen quel que soit le but de ta visite, qui pratique un TV sur une vierge, qui utilise des gants suturés qui te lattent les muqueuses, qui te regarde à peine quand tu lui parles, qui ne sourit jamais, qui te dit que non ce n'est pas possible que tu aies encore des douleurs de règles alors que tu prends la pilule. Non ce n'est pas possible ! Tu n'as pas mal. En bref, une qui se fout totalement de ton ressenti.


Lorsque j'ai appris ma grossesse et que j'ai été voir mon médecin traitant, je lui ai demandé d'une toute petite voix : "mais je suis obligée d'aller voir un gynéco ? ". Lui, élevé à l'ancienne école (même s'il est génial) m'a répondu que oui, c'était un peu obligé, il ne m'a pas parlé de la possibilité de se faire suivre par une sage-femme, ni de la possibilité de se faire suivre par lui-même ou l'associé de son cabinet. Peut-être simplement parce que pour lui comme pour beaucoup de gens : grossesse=gynéco, point barre. Il m'a dit "vous n'avez qu'à aller voir Mme B., elle est bien. " "Mme B. ? euh... Non j'ai été suivie par elle avant, ça ne s'est pas très bien passé..." Il a été très surpris, mais n'a pas demandé d'explications... Il m'a proposé de simplement en choisir un dans l'annuaire et a ajouté que ceux du cabinet de la clinique P. avaient très bonne réputation.

Je suis donc partie en quête d'un nouveau gynéco en espérant tomber sur cette perle rare que certaines m'ont dit avoir trouvée. Je me suis retrouvée comme une conne devant la liste des gynécologues dans les pages jaunes à me dire que leur nom et leur numéro de téléphone ne me renseignaient pas énormément sur leur potentiel humain. J'ai donc fini par appeler le cabinet de la clinique P. en me disant qu'au moins si j'accouchais dans cette clinique, mon gynéco à moi, rien qu'à moi, ne serait pas loin... Au téléphone, l'accueil des secrétaires médicales n'a pas été très sympathique, et on ne m'a pas laissé le choix du médecin. "J'ai un créneau avec le Docteur G. le tant à telle heure..." Bon, éh bien, c'est parti pour le Dr G. !

 

Et mes craintes se sont confirmées, ça n'a pas été. Un médecin perpétuellement en retard, qui case des rdv toutes les 10 voire 5 minutes, alors qu'il lui en faut minimum 20 pour une consultation, mais qui ne semble pas faire ça pour l'amour de l'art et face à la pénurie de gynécos, mais plutôt pour l'amour des honoraires. Un médecin qui avec un retard de 2h ne s'excuse pas, ni ne dit bonjour, un médecin qui ne me pèse pas (pour une fois) qui me demande juste mon poids, sans tenir compte de ma taille et qui me dit que c'est trop et que je vais devoir me faire suivre pour l'alimentation. Après des années de ce par quoi je suis passée en matière de bouffe et d'image de moi, je vous laisse imaginer ma joie d'entendre ça. Un médecin qui m'épargne le déshabillage complet pour la première consultation mais je n'y couperai pas à la deuxième. Un médecin qui remplit mal les papiers administratifs dont j'ai besoin pour passer certains examens, qui ne fait pas de compte-rendu d'échographie correct donnant à un autre professionnel de santé toutes les infos dont il pourrait avoir besoin. Un médecin qui ne m'explique pas que l'échographie sera endovaginale avant de m'enfoncer l'énorme sonde sans lubrifiant, qui laisse le papa assis sur sa chaise devant le bureau à 10km du minuscule écran d'échographie, qui autorise quelqu'un à entrer dans la salle donnant sur un couloir passant alors que j'ai la jupe relevée sur la poitrine. Un médecin qui me fait une palpation mammaire, debout à poil sans prévenir, en me prenant les deux seins en même temps et en les faisant tournicoter comme un furieux**. Un médecin enfin qui pratique un TV sans m'avertir auparavant et avant même que j'aie fini de m'installer sur la table, comme ça... Par surprise.***

 

Autant vous dire que j'ai apprécié... Et le papa aussi... Un peu plus et il y avait un massacre en salle de consultation. Mais la "supériorité de la blouse blanche" nous a laissé trop interdits pour réagir sur le coup.

 

Et c'est en cherchant un nouveau gynéco que j'ai appris que les sages femmes et les médecins traitants pouvaient très bien faire le suivi des grossesses non pathologiques. Ne connaissant pas les sages-femmes de ma ville, je me suis dirigée vers le service d'obstétrique de l'hopital, où on m'a donné rdv avec la seule sage-femme ayant un créneau qui venait de se libérer : Mme M., ma sage-femme. Ma Super Sage-Femme.


* La maternité où j'ai accouché a un long passé d'accouchement en siège par voie basse. En 1995 ils étaient de 44% parmi les présentations en siège, alors que dans certaines maternités les césariennes sont systématiques dans ce cas de figure.


** Je n'ai jamais vu ça. Je ne vois même pas ce qu'il peut y avoir de "médical" dans ce geste. J'ai juste halluciné, et je me suis tue devant la douleur.


*** Au regard de la loi, je pense qu'on peut considérer que c'est une forme de viol... Ca correspond je crois à la définition "par surprise", même si on pourrait arguer que je savais qu'un TV allait avoir lieu à un moment donné. En tous cas, en sensation, c'est tout comme. La même culpabilité de s'être laissée faire sans protester. Le même dégoût...

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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 20:20

Pfiouuuuu...

Oui, je sais. J'vous ai abandonnés... Vous, mes quelques pauvres lecteurs obstinés, et mon pauvre petit blog. Faut dire que les derniers mois ont été quelque peu mouvementé...

La grossesse, un peu de taf, des rendez-vous administratifs dans tous les sens, un déménagement, un deuxième déménagement, une inscription à une formation, un no man's land internétique, et...

Et une naissance !

Oui bon, c'est pas comme si j'vous prenais par surprise là non plus...

Une naissance un poil en avance, donc.

Mon petit louveteau est arrivé le 21 novembre, soit avec presque 4 semaines d'avance. Tout s'est très bien passé, (j'y reviendrai peut-être plus tard) et les parents sont comblés de bonheur et totalement morts de fatigue. Que vous dire de plus pour l'instant sans trop développer ? Que c'est un petit gars. Qu'il pesait 2kg960 et mesurait 48 cm à la naissance. Que je l'allaite et que je suis enchantée de le porter en écharpe. Que tout l'état civil de la ville attendait son papa de pied ferme pour départager les paris qui ont été faits sur l'origine de son prénom. Que la ménagerie de la maison s'est très bien adaptée à son arrivée (en fait, ils s'en foutent royalement... )... Que je m'émerveille chaque jour sur la beauté du petit être qui est sorti de moi. Que je suis toujours aussi énervée par des conneries.

Et que je vous en dirai plus un autre jour !

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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 09:32

*EDIT : Mon avis a énormément changé sur beaucoup de ce qui est dit dans cet article. Je prépare quelque chose pour en parler mais pour l'instant-et probablement pour un bon moment-ce n'est pas prêt à être publié. Et je laisserai de toutes façons cet article en l'état parce que je m'auto-censure suffisamment à l'écriture, pour ne pas me censurer ensuite en plus à la relecture des années après, mais aussi parce que cet article a une fonction de mémo pour moi.*

 

Je suis en colère...

Ce matin, entendu à la radio, le  nouveau "combat" d'Osez le féminisme et des Chiennes de Garde : Supprimer les cases Madame ou Mademoiselle dans les documents officiels... OK...

Je ne sais pas exactement si je dois être en colère après les média, les journalistes ou les féministes. Franchement, je pense qu'il y a des combats plus importants que ça pour le féminisme. Quid des violences faites aux femmes, des inégalités de salaires ou d'emploi, la fermeture des maternités, l'accès à l'avortement qui régresse ??

Certains affirmeront que s'il ne s'agit que de langage, c'est pourtant important car le langage reflète l'état d'esprit de la société... Oui, peut-être, sûrement... Mais faire disparaître une case ou remplacer un mot de vocabulaire par une autre n'a jamais fait évoluer la société, il me semble.

C'est effectivement du sexisme ordinaire que ces problèmes procéduriers et langagiers. On ne demande pas à un homme son statut marital pour l'appeler Monsieur... Mais je ne peux m'empêcher de penser que d'autres combats beaucoup plus importants sont soit laissés de côté par ces groupes féministes, soit moins médiatisés... A qui la faute ? Comme je le disais au début, je ne sais pas si je dois être en colère après ces associations féministes ou après les médias.

 

Toujours est-il que si Osez le féminisme par exemple voulait bien lancer une campagne au sujet de l'approche gynécologique française qui se moque totalement des femmes, de leur ressenti, de leurs désirs, qui les infantilise par des procédures totalement aberrantes au regard d'autres pays, là j'applaudirais des deux mains ce collectif... Si ce féminisme s'attaquait au problème des femmes enceintes qui sont réduites à l'état d'utérus par le corps médical, au droit à choisir si une femme veut allaiter ou non - au lieu de considérer comme Elisabeth Badinter que l'allaitement est une régression pour la femme - , s'il s'attachait à se battre pour conserver le droit à l'avortement, mis en péril depuis plusieurs années, s'il s'attachait à faire augmenter les budgets et les possibilités d'action des délégations régionales au droit des femmes qui essaient de faire tant avec si peu, alors peut-être que je me sentirais un peu plus féministe...

 

Évidemment mon "état" - comme le dit si bien la société - joue sur mes combats et mes colères actuels. Je note que le féminisme se désintéresse de la maternité, comme si celle-ci était presque une tare pour les femmes. Avant d'être enceinte, je n'avais pourtant pas conscience de tous ces problèmes liés à la grossesse et l'enfantement. Je n'avais pas conscience des combats possibles à mener dans ce domaine. Là est le problème, non ? Je ne suis pourtant pas fermée au monde qui m'entoure... Mais ces débats ne sont pas soulevés par celles qui devraient, pour moi, être la tribune des femmes... De TOUTES les femmes : celles qui veulent travailler, celles qui veulent rester au foyer sans être infantilisées pour autant, celles qui veulent allaiter, celles qui veulent des enfants, celles qui n'en veulent pas, celles qui veulent simplement qu'on respecte leurs choix...

 

Oui, faire des campagnes comme "Osez le clito", ça attire l'oeil des média et des spectateurs... Mais sur quoi ? Sur un organe féminin méconnu et malmené ? Bien. Mais franchement, je trouve ça un peu simpliste. Il y a tant de combats à mener...

Quant à Elisabeth Badinter, dernièrement,  j'ai été tellement outrée par ses propos sur l'allaitement ou les accouchements à domicile, que je l'ai trouvée plus machiste que jamais, infantilisant les femmes qui font ces choix.

 

Parfois les femmes semblent être leur pire ennemi...

 

PS : je crains que Mlle B. reste Mlle, qu'elle se marie ou non...

Et au passage, une pétition à faire tourner... Je vous laisse prendre connaissance du problème par vous-même et décider si vous souhaitez la signer ou non : vous êtes grands. (Un clic sur l'image vous mènera sur la pétition.)


soutenez_le_projet_de_reconstruction_de_la_maternite_des_li.jpg

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 16:23

"Faire un enfant n'est pas une thérapie. Quoi qu'en croient certains. Plus la grossesse avance, plus je sens ce bout de vie gigoter en moi, plus je me pose de questions, plus cette vie me fait peur. "

 

Voila ce que je commençais à écrire début août. Pourtant tout a changé depuis. Je me pose toujours des questions, évidemment.  Mais je me sens sereine. J'écoute et je sens cette vie qui s'éveille en moi.  Je pense peu, ou moins, à l'avenir. Je me concentre sur le présent, sur ces perceptions qui m'émerveillent à chaque instant, et qui m'emplissent mieux que n'importe quelle nourriture ne l'a fait jusqu'à présent. Je m'impatiente un peu, curieuse de ce que seront nos vies après, mais sans plus. Je savoure les sensations que me procure ce petit être qui me donne des coups et qui s'agite quand je ris un peu trop fort... Évidemment je suis fatiguée parfois, et les questions reviennent en masse dans ma tête. Mais même si certaines peurs sont bien présentes, dans l'ensemble, je me sens bien.

 

Une révolution en soi...

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 16:01

L'impression d'être seule. Seule face à mes peurs, face à mon angoisse. Seule avec une personne en devenir dans mon ventre, et les questions qui vont avec. Seule à flipper parce que l'argent n'est pas au rendez-vous. Seule à m'inquiéter de savoir où nous allons vivre. Seule à m'interroger sur notre absence d'autonomie.

Je pensais que la conception d'un enfant se vivait à deux. Mais finalement, je n'ai jamais été autant renvoyée en solitaire face à mes doutes et mes craintes. Comment faire comprendre à l'autre que ce qui se déroule à l'intérieur nous bouleverse et nous inquiète ? Comment lui faire comprendre que la peur est parfois la plus forte et qu'une crise de colère ou de larmes est si vite arrivée quand on a les hormones à fleur de peau ? Comment lui faire comprendre qu'on attend de lui un soutien sans faille et sans faiblesse, qu'il est trop tard pour reculer maintenant ?


Quant aux autres, ceux qui ne font pas partie de ce "noyau" familial... Que leur dire ? Au secours ? J'ai pris la décision de faire un enfant et aujourd'hui j'ai besoin d'aide parce que je n'assume pas tout ? Après avoir été jugée pour cette décision et avoir fait face contre vents et marées, difficile de revenir en arrière et de dire qu'on ne peut pas, qu'on a besoin d'aide, de temps, d'écoute.

Il est plus facile de faire semblant que tout va bien, qu'on assume tout parfaitement et ne recevoir que félicitations et questions techniques habituelles. Les bonnes vieilles habitudes ont la vie dure. Mettre son masque en se levant le matin et renoncer à montrer qu'on est démuni.


Je ne me suis jamais sentie aussi seule que depuis que je suis deux...

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 10:10

Ça fait trois mois.

Trois mois déjà et ça n'était pas prévu.

 

C'était pas prévu et pourtant c'est arrivé... C'était pas prévu et pourtant on est contents. On le voulait tellement... Même si c'est pas vraiment le moment... Même si on est pétrifiés de peur.

C'était pas prévu et on commence déjà à s'inquiéter... Tout va changer... Il n'y a déjà presque plus de je, mais beaucoup de nous...

C'était pas prévu et l'angoisse s'installe. Est-ce qu'on va réussir ? Est-ce qu'on va être de bons parents, nous qui vivons comme deux étudiants insouciants ? Est-ce qu'on va y arriver ?

C'était pas prévu et moi ce que je voulais c'était la perfection. C'était préparer un cocon de prince ou de princesse pour le petit être à naître. Alors ça m'angoisse forcément un peu. Vous me connaissez déjà en même temps... est-ce qu'il y a réellement des choses qui ne m'angoissent pas ?

 

Ça fait trois mois, aujourd'hui et l'idée de ce petit être qui grandit s'est bien installée dans ma tête.

 

Voila, maintenant, tout le monde est au courant : Mlle B. attend un petit d'homme pour la mi-décembre.

 

J'ai de nouveau l'envie d'écrire ici même si les mots ne viennent pas seuls, et que maintenant je fais peut-être un peu plus attention à garder un jardin secret juste pour moi. Bref, j'embrasse les quelques lecteurs qui me restent ici et je leur dis "à bientôt peut-être ! ".

 

 

 

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 06:06

Et je suis là, enroulée dans ma couette, à pleurer comme une enfant, à gros sanglots bruyants...


Juste pour un film...

Un film qui résonne dans ma tête...

Un film qui fait écho à des souvenirs personnels, mais que j'ai décidé sans savoir pourquoi de regarder cette nuit... Justement cette nuit.


Trois petites filles...

Je n'en connais qu'une... qui est pourtant deux... Ce serait trop long à expliquer... Et ça perdrait de son charme.


Un film qui commence étrangement, qui fait peur, qui révulse, puis qui attendrit, amuse parfois, émeut... Pour finir sur les larmes et le retour à la réalité...


Ce soir tu nous as fait peur... Et trois autres petites filles m'ont fait peur... Une envie de crier je t'aime qui vient du fond des tripes... Et je ne trouve pas mes mots... Trois petites filles qui te rappellent à moi... Trois petites filles qui se transforment en trois petits points sous mes doigts...

Et je ne sais quoi dire... Quoi te dire... Mon cerveau est embrouillé... Ma vie est trop compliquée... LA vie est trop compliquée... Elle nous fatigue parfois jusqu'au point de vouloir se faire mal pour oublier... Mais, petite fille, le coquelicot c'est dans ta tête et sur tes lèvres qu'il doit fleurir... Pas sur tes poignets sous une lame...

Film et réalité s'entremêlent parfois de façon si troublante...

Les larmes coulent et les seuls mots qui me viennent sont "Plus jamais ! Plus jamais ça ! "...

 

 

 

Post Scriptum : Je conseille le film Trois petites filles de Jean-Loup Hubert.

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  • : Le blog d'une anorexique-boulimique, angoissée, névrosée, scarifiée, dépressive de plus...
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