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Note aux lecteurs égarés ici :

Ceci est un blog somme toute assez personnel, voire intime. Je n'y publie pas régulièrement, au point que l'on pourrait se demander s'il a vraiment une utilité. Pour moi il en a une. Ce ne sont souvent que des billets d'humeur, parfois des réponses à des commentaires ou à des articles non-cités. Parfois c'est -très humblement- poétique, parfois c'est chirurgical. Parfois c'est très noir, voir gênant, parfois ce n'est que joie du quotidien. Sans transition. Parce que je suis ainsi, mais qu'il n'y a qu'ici que je peux faire sortir ça de cette façon.


Certains textes peuvent être violents, parce qu'ils parlent avec crudité de sexe, de troubles du comportement alimentaire, de dépression, ou de viol. Ceci est donc un avertissement à l'attention de ceux qui ne souhaitent pas s'y confronter.

13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 09:56

Après avoir écrit mon dernier article, j'ai relu quelques vieux articles ici ainsi que leurs commentaires et je me suis dit que peut-être ma situation actuelle nécessitait un nouveau bilan ici pour mes anciens et fidèles lecteurs, voire pour les nouveaux. Et après tout, cela m'aide aussi à réfléchir à où j'en suis.

[Contenu/TW : TCA, poids, dermatillomanie, médication.]

Je crois que j'ai fait beaucoup de progrès d'une façon générale. Je ne suis plus boulimique ni anorexique. Très sincèrement je le regrette parfois parce que je suis maintenant grosse et que je ne l'accepte toujours pas. Je suis à la fois fière d'avoir dépassé mes TCA et désespérée de ne plus les "utiliser" pour façonner mon corps. Mais j'ai tout à fait conscience que si je rechute de ce côté-là, la reprise de poids ensuite sera pire que les précédentes, comme elle l'a été à chaque fois. Je fais donc quelque chose comme 110 kg. Ce nombre m'étouffe chaque fois que j'y pense et je continue de haïr mon corps même si paradoxalement je lui pardonne plus facilement qu'avant. Disons que j'ai fait un minuscule pas dans l'acceptation même s'il reste des dizaines de km à parcourir.

 

J'ai aussi appris un peu à apprivoiser mon trouble borderline. Je reconnais plus facilement les mécanismes à l'oeuvre dans ma vie, maintenant que j'ai un nom, des études, des témoignages pour les identifier. J'arrive donc à me distancier un peu d'eux, à avoir un certain recul sur eux. Pas toujours. Mais je gère mieux. Par exemple les relations interpersonnelles me sont toujours difficiles, mais globalement je m'en sors mieux qu'avant.

 

Je crois aussi que je me suis enfin autorisée à me voir comme quelqu'un de fort. Je suis forte. Je suis faible aussi souvent, mais j'ai pris conscience de ma force et d'où elle provenait. Elle provient de mon effort de lucidité et d'honnêteté. De ma recherche toujours plus poussée de l'honnêteté. L'honnêteté avec moi-même. L'honnêteté avec les autres aussi, mais pour celle-ci ce n'est pas encore gagné. C'est cette honnêteté qui m'autoriser à douter. Et c'est ce doute permanent qui construit mes réflexions, qui construit ma vie et ma personnalité. Je n'en suis consciente que depuis très récemment, grâce au commentaire de quelqu'un qui m'a énormément touchée. Ma force elle est aussi dans les Autres. Ma force elle est dans tout ce que j'ai pu retirer de ces rencontres avec des Autres. Par exemple Z., Cybèle, Gaby, Ophi, Myo, Tanx, ppm, Rémy, et bien d'autres encore, je ne pourrais pas nommer tout le monde alors je prends les + marquants (il y a même des anonymes de passage ici qui ont laissé leur trace sur ce blog, mais aussi dans ma vie). Vous avez souvent éclairé mon chemin, ouvert un tiroir dans ma tête, allumé la lumière dans une pièce sombre, fait fuir les ombres. Ces Autres qui ont si souvent fait mes faiblesses sont aussi là où je puise ma force régulièrement.

 

A ceux qui souffrent des mêmes maux que moi ou d'autres, j'ai envie de dire : prenez ce qu'on vous donne, même si ça ne suffit pas sur l'instant, même si vous pensez ne pas en avoir le droit, ne pas le mériter, prenez, jouissez. L'effet n'est pas forcément immédiat, mais peut-être plus tard vous vous rendrez compte de tout ce qu'on vous a apporté, de ce que vous avez gagné. Autorisez-vous aussi à vous donner à vous-même.

 

Pour le reste, je suis toujours sous traitement. Toujours sous Venlafaxine, mais couplé cette fois à de la Rispéridone. L'abilify me donnait faim tout le temps, et c'est avec lui que j'ai repris énormément de kilos. J'en prends toujours sous rispéridone, mais je n'ai au moins plus faim en permanence. J'ai un anxiolytique en plus que je ne prend que très peu. Je devrais probablement l'utiliser plus souvent mais je ne me l'autorise pas en fait. J'ai l'impression depuis quelques semaines de retomber dans une phase de dépression parce que tout m'est difficile : sortir, marcher, me lever, faire à manger, faire le ménage. J'arrive à me forcer un peu mais pas assez. Je ne sais pas encore ce que ça donnera, mais au moins je n'ai pas envie de mourir en permanence et j'ai conscience du chemin déjà parcouru, alors on peut dire que c'est "moins pire" que d'autres fois. De toutes façons je suis toujours suivie par le CMP où l'on s'occupe globalement bien de moi. J'ai un rdv mensuel avec un-e interne en psychiatrie, j'ai des rdv réguliers avec la psychologue qui est très à l'écoute et qui me pousse à réfléchir, à m'autoriser des choses, même si les effets ne sont pas toujours immédiat. Et j'ai la possibilité de plus en cas d'urgence. Les infirmier-e-s sont toujours disponibles s'il y a un problème.

 

Parfois j'aimerais encore plus, j'aimerais rencontrer des gens avec les mêmes pathologies, j'aimerais quelque chose comme une thérapie de groupe, comme des activités thérapeutiques, etc. Mais au final, ce que j'aimerais en plus, je le fais déjà par moi-même à mon échelle. J'ai rencontré d'autres personnes malades sur internet, Twitter alimente régulièrement ma réflexion, mon militantisme, ma sociabilité et ma reconnaissance dans mes semblables. Pour les activités, je me suis lancée à corps perdu dans le tricot, puis le crochet. Ca me fait un bien fou. Crocheter est une activité hypnotique qui m'apaise énormément. Créer est un exutoire et une découverte de chaque instant sur mes capacités. Je n'en reviens toujours pas d'avoir même osé ouvrir ma modeste boutique en ligne, d'avoir osé m'inscrire à des marchés IRL. Ca ne me rapporte que peu financièrement parlant, mais c'est toujours un plus, et pour mon ego c'est être milliardaire en appréciation de moi-même.

 

Pour les choses qui fâchent un peu plus, je suis toujours "au foyer" pour ne pas dire au chômage et cette situation ne me plait pas du tout. Je refuse de m'inscrire à Pôle Emploi parce que j'ai déjà expérimenté suffisamment l'enfermement et l'aliénation que cela implique. Mais je ne suis de toutes façons ni apte au travail, ni apte à une recherche active d'emploi, pour dire vrai, alors je ne vois pas trop quoi faire d'autre. J'ai sinon "remplacé", je crois, mes TCA par une forme de dermatillomanie. Pour être claire, je pince les pores de la peau de ma poitrine. Ce n'est pas innocent si c'est sur cet endroit que je me concentre, mais je ne développerai pas ici. Ma libido est au stade 0, et je suis plutôt une mauvaise compagne et une piètre maman, mais ça va. Ca pourrait être pire je crois. En tous cas c'est ce que je me répète souvent.

 

Globalement, ça ne va pas trop mal, sans aller vraiment. Mais j'ai avancé. Tout doucement, je mets un pied devant l'autre.

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Published by Mlle B. - dans éphémère
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