Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Note aux lecteurs égarés ici :

Ceci est un blog somme toute assez personnel, voire intime. Je n'y publie pas régulièrement, au point que l'on pourrait se demander s'il a vraiment une utilité. Pour moi il en a une. Ce ne sont souvent que des billets d'humeur, parfois des réponses à des commentaires ou à des articles non-cités. Parfois c'est -très humblement- poétique, parfois c'est chirurgical. Parfois c'est très noir, voir gênant, parfois ce n'est que joie du quotidien. Sans transition. Parce que je suis ainsi, mais qu'il n'y a qu'ici que je peux faire sortir ça de cette façon.


Certains textes peuvent être violents, parce qu'ils parlent avec crudité de sexe, de troubles du comportement alimentaire, de dépression, ou de viol. Ceci est donc un avertissement à l'attention de ceux qui ne souhaitent pas s'y confronter.

17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 06:02

Deuxième nuit blanche...
Je ne crois pas avoir jamais parlé de cette sensation : le plaisir d'avoir faim. Oui, je sais, c'est paradoxal. Mais je suis paradoxale, l'anorexie-boulimie est paradoxale...

Quand j'entame une période restrictive (sévère), au bout de 2 jours, mon ventre est moins gonflé. Je sens ce vide. Je l'aime. Le vide n'est pas seulement dans mon ventre, il est dans ma cage thoracique, il est dans ma poitrine, dans ma gorge... C'est une sensation si particulière. Je la trouve difficile à décrire, à la fois éprouvante et relaxante... Bien sûr que j'ai faim ! Comme n'importe qui dans cette situation. J'en souffre, je ne pense plus qu'à la nourriture que je m'interdis, ce qui amène parfois à des compulsions plus grande encore qu'avant. J'ai mal, j'ai comme un creux, ou plutôt comme un creux avec une boule très dure dedans... Mais cette boule dure me rassure, je ne saurais expliquer pourquoi. Une pelote de fil de fer, une pierre, une boule de pétanque, qui me dit : "Eh ! Coucou ! Je suis là, je suis de retour. Tu avais oublié comme tu m'aimes ?" Et oui, c'est dur de l'avouer quand on souffre, mais, oui, je l'aime. Je la sens, elle m'accompagne dans mes moindres gestes... Elle me dit, "Laisse-moi rester quelques jours, et tu verras, tu n'auras plus faim du tout. Si tu me laisses exister, je t'aiderai à mon tour, je prendrai la place des cochonneries que tu ingurgitais, je prendrai la place de tout tes autres soucis, parce que tu ne penseras plus qu'à moi..." Je suis pas une pro-ana, je ne pense jamais avoir conçu la maladie comme une personne, Ana et Mia n'ont pas cours chez moi. Pioupiou, Calculette, Baleine et Vomito, si. Mais je ne les considère pas comme des entités, mais comme des phases, que j'ai nommées ainsi pour mieux les décrire, avec un peu de sarcasme et d'ironie... Je "n'entends" pas la voix de ma "boule" (maboul, c'est moi qui le suis, mais bon...),mais je voudrais essayer d'expliquer ce que la faim me fait ressentir. C'est en fait très compliqué pour moi... Cette sensation de faim, je l'aime et je la déteste...

Par contre, ce que je suis sûre de détester, c'est la sensation de "remplissage", de satiété... Je me souviens, quand j'étais petite, et que j'avais bien mangé, j'avais une sensation de plénitude à la fin du repas. Aujourd'hui, ça n'arrive plus, jamais. Il m'arrive parfois d'avoir un "orgasme gustatif" en goûtant un plat particulièrement bien préparé, mais ça ne dépasse jamais 2 bouchées... Je pourrais m'arrêter après ces deux bouchées, me diriez-vous, pour voir si je retrouve ce "goût d'enfance", mais ça ne marche pas comme ça. Si je commence, je ne sais pas m'arrêter...
De temps en temps à la fin d'un repas je sors une de mes phrases rituelles "J'ai bien mangé.", mais c'est plutôt pour faire plaisir à la personne avec qui je suis qu'autre chose. Quand je suis plus fatiguée, plus énervée, la phrase devient "J'ai trop mangé". C'est un euphémisme. Dans mon esprit, ça ressemble plutôt à "C'est pas vrai ! J'ai mal tellement mon ventre est rempli, gonflé par toute cette bouffe ! J'ai pas pu manger tout ça, c'est pas possible ! ".

Mon ventre est un piège extensible qui gère mon existence.

Partager cet article

Repost 0
Published by hécate - dans délétère
commenter cet article

commentaires

Mitsuki 03/02/2009 10:45

Ca fais pas mal de temps que j'essaye d'expliqué cette "boule" avec des mots mais je n'y suis jamais arriver. BRAVO

ephemere-deletere 04/02/2009 23:21



euh... merci... (là j'fais la tête de celle qui sait pas trop quoi dire)



Gaby 29/12/2008 12:25

Ah parce que c'est vrai que t'es bien placée pour me "gronder" toi hein !

ephemere-deletere 30/12/2008 10:41



Lalala... Je ne vois pas du tout de quoi tu parles... *sifflote*

Bon d'accord... Mais justement je sais ce que c'est donc, j'aime pas trop voir d'autres souffrir comme moi...



Gaby 29/12/2008 12:02

Non ne t'inquiètes pas. Ca ne m'arrivera plus... j'en suis presque certaine. Mais bon j'ai trouvé d'autres conneries à faire pour remplacer celle là alors je sais pas si c'est forcément mieux hein...

ephemere-deletere 29/12/2008 12:22



Hum ! Pas bien du tout, jeune fille...



Gaby 28/12/2008 17:38

Tes textes me replongent dans mes souvenirs pas si lointains que ça, ils font ressurgir plein de choses, et en te lisant je me souviens de ce "plaisir d'avoir faim" comme tu dis. Cette sensation à la fois agréable et douloureuse, interdiction que l'on s'impose et dont on est presque "fier"... sur le moment. En fait, je me retrouve un peu dans tes écrits, enfin en partie. Ca fait bizarre de repenser à tout ça, qui me paraît si loin derrière moi et qui pourtant est encore tout proche...

ephemere-deletere 29/12/2008 03:26



J''espère ne pas te "tenter" pour retomber dans ce genre de conneries ! Ca m'arracherait les yeux de faire des "émules" !...



Coma 23/10/2008 04:25

Skins exact :) ça m'evite de chercher du coup ( tu as pris de retard  en sortant ta chienne mouahaha )

hécate 23/10/2008 04:28



T'as vu ça... Pourtant, elle a tout de suite fait ce qu'elle avait à faire... Cela dit, il fait un froid de canard, alors maintenant j'ai du mal à taper, mes
doigts sont complètement engourdis...
Pour skins et l'anorexie, ça me fait penser qu'en fait, la plupart des anorexiques connaissent quasi-tous les films sur le sujet, ont tout lu, et connaissent très bien les écrits médicaux sur
leur maladie... C'est une relation un peu étrange avec cette saloperie...



Présentation

  • : éphémère et délétère
  • éphémère et délétère
  • : Le blog d'une anorexique-boulimique, angoissée, névrosée, scarifiée, dépressive de plus...
  • Contact

Un jour. Ailleurs.

Pages