Le blog d'une anorexique-boulimique, angoissée, névrosée, scarifiée, dépressive de plus...
Je pleure.
Je pleure toute les larmes de mon corps. Et je souris. Parce que ça fait du bien. Parce que ça fait un mal et un bien fou. Parce que j'avais besoin de vider tout ça. Il me manquait quelque chose, je ne pouvais pas. C'était bloqué. Emmuré depuis trop longtemps. Je n'avais pas les mots, je ne les ai toujours pas. Ça n'a pas d'importance.
Je suis vivante. Quelle ironie, il parait que c'est le sens de mon prénom que je déteste tant. On s'en fout. Je pleure. J'ai un dessin à terminer pour ce matin, et je pleure dans mes pots d'eau pour l'aquarelle. Je suis ici en train de taper cet article et je pleure sur mon clavier. La tension se relâche dans les épaules et le dos, j'ai moins mal.
Je pleure. Rien n'a plus d'importance. Cette journée sera belle. Cette journée sera pour moi. Qu'il pleuve, qu'il vente ou que le soleil brille. Cette journée sera belle. Je suis vivante. Je suis là. Je passerai des couleurs d'enfants sur ma feuille. J'irai enfin me laver sans appréhension. J'essaierai de fermer la porte de la salle de bain. J'ôterai les serviettes qui cachent le miroir. Je me regarderai. Je me verrai. Moche ou Belle... Mais là. Vivante.
Et je pleure. La chienne dort. Tout est calme. Il est 7h30 du matin. Pas d'autre bruit que mes doigts sur le clavier et mes sanglots. Je pleure. Et je ris. On dirait une folle. Je me marre de plus belle en écrivant ce mot. Folle. Je m'en fous ! Je suis vivante. j'écris n'importe quoi n'importe comment comme ça me vient. Juste besoin de hurler que je suis vivante quelque part. Je l'avais oublié. a force de survie et d'oeillères, je l'avais complètement oublié. Je me croyais morte. Mais non.
Je suis vivante. Ma vie n'a rien d'un conte de fées. Rien ne sera mieux demain qu'hier. Je ne vais pas subitement résoudre tous mes problèmes. Mais je m'en fous. Je suis juste vivante. Mes sanglots et mes rires ont réveillé la chienne qui me regarde. Des yeux d'animal. Bordés de sommeil, d'attente et d'envie de câlins. je suis vivante. Même elle a l'air de s'en rendre compte. Elle remue la queue et me regarde. C'est mièvre n'est-ce pas ? Je m'en contrefous. Je suis là...
Je vais finir cet article aussi répétitivement qu'il a commencé et aller finir ce dessin. Je suis vivante.
Merci à vous.
Merci à toi, toi qui te reconnaîtras peut-être.