Le blog d'une anorexique-boulimique, angoissée, névrosée, scarifiée, dépressive de plus...
Ou : La violence est mon amie... Ou pas.
Cet article est ou n'est pas une réponse aux commentaires sur une toute petite (toute petitepetitepetite) phrase qu'on retrouve souvent dans mon esprit tortueux... "Je suis un monstre". Le dernier article que j'ai écrit était une compulsion incontrôlable, donc pas forcément clair...
Pour commencer, la violence fait partie de moi... Enfin je crois... Je me souviens avoir toujours eu en moi une colère parfois incommensurable et destructrice... Cette colère est ma violence... La rentrer me fait violence... La laisser sortir est violent... Je suis violente, à l'intérieur et parfois à l'extérieur, envers moi, envers les autres, dans les gestes, dans les sentiments, dans les mots... J'aime les mots violents, d'ailleurs... Une passion... Ma passion, ma vie, ces mots : violence, vomir, cracher, gerber, affamer, scarifier, enfoncer, crier, hurler, mentir, tomber, mourir, monstrueux, atroce, insoutenable, infini, haine, irrépressible, détruire, énorme, cicatrice, laid, barrer, blessure, ouvrir, cacher, rayer, cassure, difforme, balance, fermer, excessif, obliger, frapper, douleur, os, pleurs, craintes, doute, graisse, peurs, trahison, incapable, coupable, vivre... La vie... Pour moi, ces mots, cette violence sont la vie. Quand il n'y a plus de mots, je meurs... Quand je n'y arrive plus, je meurs.
Je n'aime pas mon corps, c'est vrai... Enfin, c'est ce qu'on pourrait croire, c'est ce que j'aime à laisser croire peut-être... Il est des jours où je l'apprécie plus que d'autres jours, où je l'exhibe, où je veux qu'on me dise qu'il est magnifique, où j'aime plaire... J'aime les corps, je regarde les autres sous toutes les coutures et sans les coutures. Les femmes, les hommes, dans une juste mesure, les minces, les rond(e)s, les bruns, les roux, les blonds, les maquillés, les nus... J'aime observer les mouvements, l'immobilité, j'aime regarder les nuques, les yeux, les épaules, les hanches, les fesses, les pieds, les nombrils, les cheveux, les poils... A peu près dans cet ordre, et le reste avec... J'adore les rides d'expressions, celle du lion, les patte d'oie, les fossettes, les plissements de nez, les battements de cils, le plein ou le creux des joues... J'aimerais les dessiner, mais je ne suis pas douée... Ça ne m'empêche pas de haïr souvent cette matière qui me fait...
Ici, lorsque je dis que je suis un monstre, je parle d'une partie de moi, de mon esprit, qui pense certaines choses... Un monstre tapi en moi. Qui aime les anorexiques, qui aime ses toilettes, qui aime avoir mal, qui aime faire mal, qui aime pleurer, qui aime les os, qui aime la mort, qui aime mon narcissisme, qui arrive à le transformer en dégoût, qui aime ma folie, qui joue avec, qui joue avec moi...
La diarrhée verbale m'a reprise et je ne sais plus où je voulais en venir... Trop de mots / Trop de vie, ce soir... Je voulais juste expliquer que, parfois, je trouve mon corps monstrueux, mais, tellement plus souvent, mon esprit...
Mon monstre à moi, je l'aime, je le hais, il me nourrit, il m'affame, il me détruit, je l'entend, je ne veux pas l'écouter, je ferme les yeux, je lui crache à la gueule et je l'embrasse, puis je m'écroule, fatiguée de lutter, mais pas tout à fait de vivre...