Le blog d'une anorexique-boulimique, angoissée, névrosée, scarifiée, dépressive de plus...
L'impression d'être seule. Seule face à mes peurs, face à mon angoisse. Seule avec une personne en devenir dans mon ventre, et les questions qui vont avec. Seule à flipper parce que l'argent n'est pas au rendez-vous. Seule à m'inquiéter de savoir où nous allons vivre. Seule à m'interroger sur notre absence d'autonomie.
Je pensais que la conception d'un enfant se vivait à deux. Mais finalement, je n'ai jamais été autant renvoyée en solitaire face à mes doutes et mes craintes. Comment faire comprendre à l'autre que ce qui se déroule à l'intérieur nous bouleverse et nous inquiète ? Comment lui faire comprendre que la peur est parfois la plus forte et qu'une crise de colère ou de larmes est si vite arrivée quand on a les hormones à fleur de peau ? Comment lui faire comprendre qu'on attend de lui un soutien sans faille et sans faiblesse, qu'il est trop tard pour reculer maintenant ?
Quant aux autres, ceux qui ne font pas partie de ce "noyau" familial... Que leur dire ? Au secours ? J'ai pris la décision de faire un enfant et aujourd'hui j'ai besoin d'aide parce que je n'assume pas tout ? Après avoir été jugée pour cette décision et avoir fait face contre vents et marées, difficile de revenir en arrière et de dire qu'on ne peut pas, qu'on a besoin d'aide, de temps, d'écoute.
Il est plus facile de faire semblant que tout va bien, qu'on assume tout parfaitement et ne recevoir que félicitations et questions techniques habituelles. Les bonnes vieilles habitudes ont la vie dure. Mettre son masque en se levant le matin et renoncer à montrer qu'on est démuni.
Je ne me suis jamais sentie aussi seule que depuis que je suis deux...