Le blog d'une anorexique-boulimique, angoissée, névrosée, scarifiée, dépressive de plus...
*EDIT : Mon avis a énormément changé sur beaucoup de ce qui est dit dans cet article. Je prépare quelque chose pour en parler mais pour l'instant-et probablement pour un bon moment-ce n'est pas prêt à être publié. Et je laisserai de toutes façons cet article en l'état parce que je m'auto-censure suffisamment à l'écriture, pour ne pas me censurer ensuite en plus à la relecture des années après, mais aussi parce que cet article a une fonction de mémo pour moi.*
Je suis en colère...
Ce matin, entendu à la radio, le nouveau "combat" d'Osez le féminisme et des Chiennes de Garde : Supprimer les cases Madame ou Mademoiselle dans les documents officiels... OK...
Je ne sais pas exactement si je dois être en colère après les média, les journalistes ou les féministes. Franchement, je pense qu'il y a des combats plus importants que ça pour le féminisme. Quid des violences faites aux femmes, des inégalités de salaires ou d'emploi, la fermeture des maternités, l'accès à l'avortement qui régresse ??
Certains affirmeront que s'il ne s'agit que de langage, c'est pourtant important car le langage reflète l'état d'esprit de la société... Oui, peut-être, sûrement... Mais faire disparaître une case ou remplacer un mot de vocabulaire par une autre n'a jamais fait évoluer la société, il me semble.
C'est effectivement du sexisme ordinaire que ces problèmes procéduriers et langagiers. On ne demande pas à un homme son statut marital pour l'appeler Monsieur... Mais je ne peux m'empêcher de penser que d'autres combats beaucoup plus importants sont soit laissés de côté par ces groupes féministes, soit moins médiatisés... A qui la faute ? Comme je le disais au début, je ne sais pas si je dois être en colère après ces associations féministes ou après les médias.
Toujours est-il que si Osez le féminisme par exemple voulait bien lancer une campagne au sujet de l'approche gynécologique française qui se moque totalement des femmes, de leur ressenti, de leurs désirs, qui les infantilise par des procédures totalement aberrantes au regard d'autres pays, là j'applaudirais des deux mains ce collectif... Si ce féminisme s'attaquait au problème des femmes enceintes qui sont réduites à l'état d'utérus par le corps médical, au droit à choisir si une femme veut allaiter ou non - au lieu de considérer comme Elisabeth Badinter que l'allaitement est une régression pour la femme - , s'il s'attachait à se battre pour conserver le droit à l'avortement, mis en péril depuis plusieurs années, s'il s'attachait à faire augmenter les budgets et les possibilités d'action des délégations régionales au droit des femmes qui essaient de faire tant avec si peu, alors peut-être que je me sentirais un peu plus féministe...
Évidemment mon "état" - comme le dit si bien la société - joue sur mes combats et mes colères actuels. Je note que le féminisme se désintéresse de la maternité, comme si celle-ci était presque une tare pour les femmes. Avant d'être enceinte, je n'avais pourtant pas conscience de tous ces problèmes liés à la grossesse et l'enfantement. Je n'avais pas conscience des combats possibles à mener dans ce domaine. Là est le problème, non ? Je ne suis pourtant pas fermée au monde qui m'entoure... Mais ces débats ne sont pas soulevés par celles qui devraient, pour moi, être la tribune des femmes... De TOUTES les femmes : celles qui veulent travailler, celles qui veulent rester au foyer sans être infantilisées pour autant, celles qui veulent allaiter, celles qui veulent des enfants, celles qui n'en veulent pas, celles qui veulent simplement qu'on respecte leurs choix...
Oui, faire des campagnes comme "Osez le clito", ça attire l'oeil des média et des spectateurs... Mais sur quoi ? Sur un organe féminin méconnu et malmené ? Bien. Mais franchement, je trouve ça un peu simpliste. Il y a tant de combats à mener...
Quant à Elisabeth Badinter, dernièrement, j'ai été tellement outrée par ses propos sur l'allaitement ou les accouchements à domicile, que je l'ai trouvée plus machiste que jamais, infantilisant les femmes qui font ces choix.
Parfois les femmes semblent être leur pire ennemi...
PS : je crains que Mlle B. reste Mlle, qu'elle se marie ou non...
Et au passage, une pétition à faire tourner... Je vous laisse prendre connaissance du problème par vous-même et décider si vous souhaitez la signer ou non : vous êtes grands. (Un clic sur l'image vous mènera sur la pétition.)