J'ai mal.
J'ai mal quand je lis son nom.
J'ai mal quand je lis ses mots.
J'ai mal au coeur, envie de vomir.
Mal dans la poitrine... Une grosse boule qui s'enflamme.
Je fais comme si. Comme si ça ne me touchait plus. Comme si ça n'avait pas d'importance. Mais non. Si seulement... Si seulement ça ne s'était pas passé... Oui... Mais ça s'est passé. Point final ? Non. Que dalle... Je voudrais tuer cette personne. D'un coup, d'un mot, d'un souffle. Oui, je voudrais la tuer. Qu'elle meure. Qu'elle disparaisse. Qu'elle sombre dans le néant et que tout le monde l'oublie. Je voudrais... Mais non. Les gens la voient, lui parlent... Elle existe. Contre ma volonté. Contre mon envie. Contre mon en-mort.
Je me sens pathétique. Avoir mal de son existence. Quelle idiotie !
Oui... Mais... Je suis une idiote. C'est comme ça. Je souffre d'idées et de désirs absurdes.
Blonde inside.
Clope au bec, j'observe. Je me fais mal toute seule à chercher sa présence, preuve de mon incapacité à l'oublier. Pauvre conne. Comme si j'avais besoin de voir, de me prouver son existence, pour avoir mal. Pour faire remonter le noir dans ma tête, pour transformer mon sang en encre sombre. Souffrir... Pour me prouver que j'existe moi aussi ? Alors pourquoi je n'en ai pas l'impression ? Pourquoi j'ai le sentiment que c'est moi qui suis dans le néant quand sa vie me saute à la gueule ? Pourquoi ?
Envie de chialer, de verser tout ça dans le sel de mes larmes. Mais ça ne vient pas. Trop mal ou pas assez pour pleurer ?
Qui sait ?
Je me sens seule. Seule à deux. Seule dans la foule de la rue. Seule dans les mots d'internet. Seule dans une réunion de famille. Seule dans le jardin de ma misérable existence... Quel pathos !
Envie de me mettre quelques claques. Imbécile ! Tu croyais quoi ? Que parce que tu te sentais vivre, le monde allait "enfin" tourner autour de toi ? Pauvre et sombre idiote.
J'ai mal.
Même pas envie d'expliquer pourquoi tellement ça me parait absurde et ridicule. Je ne suis qu'une gamine.
Je pourrais avoir mal d'avoir été violée plusieurs fois... Je pourrais avoir mal de mes plus ou moins anciennes dépendances... Je pourrais avoir mal de ce corps que je hais... Je pourrais avoir mal de cette nourriture que j'avale... Je pourrais avoir mal de ce qu'on m'a répété toute mon enfance... Je pourrais avoir mal de toutes ces erreurs que j'ai faites... Mais non ! J'ai mal pour des conneries.
Pauvre, pauvre petite conne...
Pitié, n'ayez pas pitié de moi ! Ne me plaignez pas ! Ma souffrance imbécile ne le mérite pas.
J'ai mal d'une obscure pièce de théâtre où je n'ai fait que de la figuration, brillant uniquement par mon absence...
J'ai juste mal.