Si je n'écris pas beaucoup ces derniers temps, c'est parce que je mange... Je mange ! Je pense bouffe... Je vis bouffe... Je fais semblant de m'aimer... Je fais semblant de sourire... Bon d'accord, je souris sincèrement aussi, parfois... Rendons à la Chose ce qui est à la Chose...
Chose... C'est bien ce que je suis... Anéantie... Annihilée... Déshumanisée par ces histoires de poids, d'image et de bouffe... Par ces blogs aussi... Par cette écriture qui vit à ma place... Par Mlle B. et éphémère-délétère... Par ces avatars sans vie, sans odeurs, ni saveurs... Par ces illusions de moi-même ou d'une autre.
L'impression de ne plus être un être humain, mais juste une enveloppe vide. Un corps inactif qui se restreint et se remplit tour à tour, mais sans âme, sans sociabilité.
Pourtant je suis active. Je bloggue à tour de bras. Peut-être pas toujours chez moi. Peu d'articles ces derniers temps... Mais des commentaires à lire et à comprendre, des réponses à faire, des visites à rendre (j'en ai en retard d'ailleurs), des commentaires à faire aux autres, des discussions sur les fils et les chats, des recherches à effectuer pour avancer dans ma connaissance des ordis et d'internet, des réflexions à faire, des concessions aussi.
Mon esprit bouillonne ces derniers temps... Pas toujours de manière constructive et fertile je dois bien l'avouer... Les insomnies ont retrouvé le chemin de ma p'tite tête.
La clope au bec, je tapote sur mon clavier, je lis, je ris, je réfléchis, je construis, j'échaffaude des plans sur la comète.
Je me remplis de bouffe en tentant vainement de vider mon cerveau... Quelques kilos repris : 3, et la sensation d'être obèse déjà si présente. Vu de l'extérieur, j'imagine à quel point ça doit être triste. Les gens ne me trouvent probablement ni grosse ni mince, peut-être quelques rondeurs et des épaules larges tout au plus : 66,6kg, le chiffre de la Bête... Hihi...
66,6kg, pourtant pas le Pérou ce chiffre ! Mais dans ma tête abusive il tourne et retourne et sonne le glas de ma minceur inventée. Je me regarde, me scrute dans la glace, et je vois du rond et du flasque partout. Des vergetures qui se multiplient pour zébrer mon corps déjà tigré par les cicatrices... Un véritable animal sauvage que je suis ! Un fauve en furie !
La colère est là en même temps que les kilos, et mes proches trinquent... Moi aussi, mine de rien. Je retourne ma haine de moi-même dans les baffes verbales que j'envoie contre les Autres. Une envie de cogner. De cogner les murs qui m'emprisonnent. De cogner l'Humain qui approche l'Animal de trop près. De cogner les images qui m'agressent. De cogner mon passé pour qu'il retourne dans les cordes. De cogner mon corps tant haï. De me cogner aussi. De me cogner pour me punir de ma connerie, de mes abus, de ma vision, de ma propre colère...