Le blog d'une anorexique-boulimique, angoissée, névrosée, scarifiée, dépressive de plus...
Ce matin, j'ai mal à ce ventre qui m'insupporte. Je n'aurais pas dû manger hier. Je n'aurais pas dû manger hier. Je n'aurais pas dû manger hier. Une litanie qui s'installe en moi. Mon corps a un mal fou à digérer la matière que j'ingère, je crois que même lui n'en veut plus. Mais je ne suis pas assez malade encore pour l'écouter. J'ai peur de tout perdre une fois encore. Et en même temps, j'ai envie de tout perdre une fois encore. De me perdre moi. Douce autodestruction. Délétère petite demoiselle. Ephémère petite demoiselle. Fragile et forte. Je ne veux plus. Je ne veux plus de tout ce qui fait la vie, ma vie. Je ne veux plus de cette nourriture qui m'empoisonne l'existence. Je ne veux plus de ces recherches absurdes pour aboutir à ma totale incapacité sociale. Je ne veux plus de tous ces faux-semblant. Je ne veux plus encombrer mon corps et mon esprit. Je voudrais être entière. Entière et vide... Entière et seule.
Je me suis perdue. Je me suis encore perdue en me promenant en moi. Je n'ai pas trouvé ce que je cherchais. Je ne sais même plus ce que je cherchais. Ce bonheur si insipide qu'on nous promet à longueur d'émissions télévisées ? Une idée de ce que je vais faire de moi ? Un retour en arrière vers des temps meilleurs ? Une vie, tout simplement ? La vie n'a pas prise chez moi. Elle n'est que dans mon verbe, dans mes excès, dans mon clavier.
Manger ou ne pas manger, telle est la question. Manger, se remplir, pour oublier,comme on boit parfois... Ne pas manger, pour sentir, pour se sentir, pour se sentir vivre, pour se sentir mourir. La mort n'est plus qu'une ponctuation de plus. Celle qui termine une phrase, celle qui termine un livre.
Je m'enferme. Je m'enferme à nouveau. Je monte un épais mur de pierre entre moi et l'extérieur... Mais, ce n'est qu'un chateau de cartes, prêt à s'envoler à tout moment, à exploser devant les assauts de l'ennemi, des Autres. Mais la barrière, même invisible, restera. Pierre après pierre je la reconstruirai, en moi, à l'intérieur, discrètement.