Le blog d'une anorexique-boulimique, angoissée, névrosée, scarifiée, dépressive de plus...
Je ne vais pas bien.
Ce n'est pas une plainte, c'est un constat.
Je ne vais pas bien du tout.
Cela fait des semaines que je jongle avec mes idées noires et mes pulsions morbides. Je n'ai aucune idée du temps que tiendront mes acrobaties bancales. Je suis fatiguée. Si lasse et fatiguée que j'ai dû mal à entreprendre et que je sens pointer la dépression.
Je ne me sens plus en phase avec rien. Je garde un masque social pour le paraître et pour me rassurer, me consoler, tenter d'en sortir. Je me dis que ce n'est qu'une phase. Je commence à la trouver longue. Et de plus en plus violente. Les pulsions se font de plus en plus pressantes. L'envie d'en finir, une bonne fois pour toutes. L'envie de disparaître. Quelques crises d'hyperphagie sans compensation. Ca faisait longtemps. De plus en plus mal à la fin des repas. La nausée. Les maux de ventre. La peur. La peur de continuer à vivre. La peur de céder à la pulsion de mort. La peur de décevoir. Mon enfant en premier lieu. Et moi-même. Nombreux sont ceux à m'avoir jugée forte parce que je suis toujours là, parce que j'ai su tirer un trait sur certains passés. La vérité c'est que je ne me vois toujours pas comme quelqu'un de fort. La vérité c'est que je me trouve misérable, pitoyable et sans avenir. La vérité c'est que j'ai peur de moi. Il ne se passe presque aucun jour depuis environ deux mois sans que je pleure. Parfois ostensiblement, parfois silencieusement et cachée. Parfois ça me soulage. Le plus souvent non. Ca me laisse un sentiment d'inachevé parce que je n'ai pas été au bout de ces foutues pulsions mortelles. Je ne sais pas si c'est de la lâcheté ou au contraire du courage. Je tente de me distraire sans y arriver vraiment. Je tente de profiter des petits bonheurs mais ils ne suffisent plus à enterrer la merde au fond de moi. Les petits plaisirs futiles que j'essaie de m'accorder sont trop fugaces pour effacer la douleur et la peur.
Je ne suis plus capable de gérer mon fils. Je ne suis plus capable de gérer les relations familiales. Je n'ai plus la force de le contenir dans ses colères, je n'ai plus la force de subir ses petits poings qui me martèlent en me contentant de dire non. Je lui ai mis une claque. Une claque. Sonore sur sa si jolie petite joue rebondie. Ce sont probablement des larmes d'agresseur, mais je crois qu'elle m'a fait aussi mal qu'à lui. Je voudrais mourir. Il est irresponsable de me laisser seule avec un enfant que j'aime. Je ne suis plus en état de lui apporter mon amour. Je ne suis plus en état de gérer ma souffrance et donc encore moins la sienne. Je crois que je ne suis plus en état de rien. L'ais-je jamais été ? Cet "Incapable ! " qui m'est chevillé au corps.
Je voudrais juste dormir. Le quotidien m'étouffe. Toutes ces petites choses qu'il faut faire parce qu'il faut les faire. Je n'y arrive pas. Je n'y arrive plus. Faire la cuisine me fatigue. Faire le ménage m'épuise. Sortir m'effraie. M'occuper de mon enfant me terrifie. J'ai peur de lui. J'ai peur de moi. J'ai peur de l'emprise qu'il a sur moi, mes sentiments. J'ai peur de l'emprise que j'ai sur lui, physiquement et moralement. J'ai peur de ma violence. A qui demander de l'aide ? Je n'arrive pas à parler. Les gens autour de moi n'arrivent pas à m'écouter. Encore moins à me répondre. Je reste avec ma terreur. Ca n'a pas de sens. Ma vie n'a pas de sens. Je suis un monstre. La vie "normale" de respect et d'amour que je nous souhaiterais est impossible tant que je serai là.
Je ne vais pas bien. Comment pourrais-je faire aller bien les gens qui m'entourent ?
Mon ventre se tord et je voudrais à nouveau mourir.
Je ne vais pas bien et je ne sais plus quoi faire.
Je crois que je voudrais juste crier au secours. Mais je n'y arrive pas.
Délétère. Comme à mon habitude.