Le blog d'une anorexique-boulimique, angoissée, névrosée, scarifiée, dépressive de plus...
Enfin un peu de calme pour donner des nouvelles... Trop de calme d'ailleurs... C'est une sensation étrange après trois semaines de boulot.
Donc, pour les nouvelles : je vais bien. Oui-oui ! Promis ! Juré ! Craché !
J'ai cherché du taff, fait des démarches tout ça, tout ça... Rien de bien passionnant en soi, mais très prenant, et très démoralisant quand on se prend des portes dans la gueule à tour de bras...Et donc, après quoi ? Six mois de recherches intensives ? J'ai enfin été prise sur deux postes quasi en même temps... Bon, rien de très folichon, hein... Faut pas déconner non plus. Vous croyiez quand même pas que j'allais me retrouver chef de projet pour le ministère de la défense avec seulement un bac en poche, aucune expérience dans un domaine particulier, et des trous de plusieurs années dans mes CV ? Ben moi non plus.
Premier job : placer des cartes de paiement pour une grande enseigne de supermarchés et d'hypermarchés... Ah ouais... Quand même... Journée de recrutement : on nous informe sur le produit... Bizarrement, ça sent déjà l'arnaque, le crédit et les huissiers à plein nez...Bizarrement², pour un job de relationnel et de vente, je suis la seule, avec les recruteurs, à être en tailleur dans la pièce. Après les infos sur le produit et des petits jeux de rôles, chacun repart chez soi, et Waouh, top moumoute, je suis prise... Ouais, enfin... A Exincourt... Ça me fait un peu long de trajet pour aller vendre un produit qui m'horripile déjà... Je refuse mais précise que je reste dispo pour "plus près"... Résultat, j'ai été rappelée peu après, pour du "plus près", justement... Grumpf... Bon ben tant pis... Faut relever les finances, j'ai besoin de ce taff, alors la morale et l'éthique vont aller se cacher discrétos dans un coin, le temps que je bosse...
Grand jour arrivé, je suis stressée comme un chat devant une baignoire remplie, tirée à quatre épingles, tailleur noir, haut turquoise pour faire ressortir les yeux, chignon de la mort qui tue, et maquillage light-mais-qui-prend-des-heures-à-réaliser. Et ça y est, j'ai été balancée direct dans le fabuleux monde du travail mais aussi de la (sur-)consommation. Me voila donc, debout comme un piquet à l'entrée du magasin, sourire scotché, apostrophant la moindre personne qui passe d'un "Bonjour Monsieur/Madame/Mademoiselle, avez-vous la carte du magasin ?" .... L'horreur... Après trois heures, je commence à sérieusement avoir mal partout.... Mais finalement, au bout de mes sept heures réglementaires, j'ai pulvérisé les objectifs de placement... Gros étonnement. Félicitations du chef du service client et tout le toutim. Je ne saurai jamais ce que j'avais bouffé ce jour-là, mais y'avait sûrement du lion et des petits bouts d'homme politique dedans.... Le reste de la semaine a été moins folichon au niveau des résultats... J'ai oscillé entre pile-poil l'objectif de vente et des scores minables, tels qu'une ou deux cartes par jour.... Mais les boss étaient contents de moi puisqu'ils m'ont repris pour la semaine suivante. A 81 euros net la journée, je veux que je repars pour un tour, tiens ! Petite semaine de trois jours, calme, avec quelques ventes, mais pas de dépassement d'objectif. Puis je suis repartie d'où j'étais venue, après avoir sympathisé avec les commerciaux du service client et avoir donné mes coordonnées à différents professionnels, totalement fourbue.
Deuxième job : hôtesse d'accueil pour un salon international de professionnels des micro-techniques. Je me pointe au recrutement, toujours en tailleur... Première surprise : en fait, la seule épreuve du recrutement consiste à essayer l'uniforme des hôtesses... Et là, c'est le drame... Mes fesses ne veulent pas rentrer dans leur fichue jupe. J'en pleurerais. Situation quelque peu cocasse d'une Beebee coincée dans une jupe et qui se contorsionne pour réussir à l'ôter, parée d'une chemise trop petite aux bras, et d'un paletot que je ne peux pas fermer à la poitrine. Je me fais subitement l'effet d'être Shrek... Je sors dépitée de la salle d'essayage en tendant l'uniforme et en disant que je ne rentre pas dedans...
(Taille 42, mon cul, oui !)
Consolation : je discute avec la responsable du recrutement de l'agence qui m'apprend qu'ils ont aussi besoin d'opératrice de saisie sur ce salon, et je balance ma carte maîtresse : Ouiiiiiiiiiiiii, je sais taper à l'ordinateur ! On me fait passer deux-trois tests (consistant en réalité à taper un texte extrait d'un journal local... bourré de fautes... ), je les remporte haut la main. J'ai fait zéro faute au texte, ce qui est un véritable exploit vu les coquilles qu'il contenait... Je suis donc prise en tant qu'opératrice de saisie, la semaine juste après la fin de mon premier job.
Semaine super sympa, les gens avec qui on bosse sont géniaux, le boulot n'est pas exténuant, bonne ambiance avec l'équipe, fou-rires garantis tous les jours. Juste quelques petits problèmes aux niveaux des contrats. Personne n'est fichu de nous donner de renseignements dessus, et ils se renvoient la balle entre eux pour les responsabilités. Un dernier jour un peu amer à cause de ces histoires de contrats et parce que les "dirigeants" créent un clivage entre les hôtesses et les opératrices, alors que l'équipe reste soudée. Pour faire court : les gens de l'agence ne s'adressent qu'aux hôtesses et snobent les opératrices, les hôtesses ont un plateau repas le midi, les opératrices niet, que dalle, nada, elles amènent elles-même leur petit sandwich fait maison, les hôtesses seront payées une heure de plus, on ne sait pas trop en quel honneur, et les dirigeants ont "oublié" d'inviter les opératrices au pot-débriefing de fin du salon... Je n'ai donc pas eu droit à la photo de groupe, ni à la rose offerte à chaque hôtesse... Gloups.
Comme j'ai déjà écrit des tartines, je vous laisse là, et je vous donne rendez-vous très bientôt pour un autre petit article vous donnant plus de nouvelles "personnelles" et psychologiques. Bises à vous. Moi je retourne chercher du boulot, en attendant !