Le blog d'une anorexique-boulimique, angoissée, névrosée, scarifiée, dépressive de plus...
Je suis arrivée à cette soirée, la peur au ventre. Je n'avais pas tort. Mise à l'écart dans les quelques minutes qui ont suivi, par les autres et par moi-même...
Angoisse qui prend forme entre les côtes et grimpe jusqu'à mon oesophage. Les gens s'activent ou discutent en groupes. Et moi je regarde...
Ils se mettent à manger : il faut prendre des forces pour la soirée qui s'annonce. Pas moi. Moi j'observe et j'ai la nausée. Les larmes aux yeux, je refuse la nourriture discrètement et sors pour fumer une clope. Le froid commence à me prendre. Il s'insinue doucement autant dans mon corps que dans mon esprit.
Mais qu'est-ce que je fous là ? Un vague reste de rage au milieu d'un gouffre d'incompréhension...
Deux-trois têtes connues... J'entame de courtes discussions, mais certains mots sortent trop vite. Je sens que j'en dis trop, ou pas assez... Un peu plus d'action par la suite, une "mission" de confiée, des sourires, des blagues, une bouteille de bière, 2 cafés froids et dégueu, des rires aussi, toujours du froid. Je suis transie et je ne me sens pas à ma place...
Mais qu'est-ce que je fous là ?
Humour graveleux, gros son, chevelus avinés, un cocktail que je connais bien, mais qui a quelque chose de changé. Une sorte de gout amer, une lourdeur, et ce froid... Pas un froid piquant, non. Du tout. Un froid pesant, envahissant...
Mais qu'est-ce que je fous là ?
Envie de mon douillet cocon. Et au milieu de tout ça, mission terminée, mal dans les os de ce froid qui m'a violée, je me mets dans un coin pour écrire, griffoner... Un peu de calme... Et de distance... Sauf que...
Sauf qu'il y a quelqu'un...
Quelqu'un que je ne voulais pas voir. Quelqu'un qui me dégoute, m'insupporte. Vraiment pas ma soirée au final. Et Mon Tigre qui s'inquiète un peu. Doit être fatigué, le pauvre ! Cette journée et ses nombreux inattendus qui ont tout retardé, mélangé pour lui. Comme s'il était seul dans la tempête. C'est lui qui a tellement insisté pour que je vienne. Il court, s'arrête, me regarde :
"Ca va vraiment pas toi..."
Je n'ai ni le courage de lui mentir, ni la force de lui confirmer mon mal-être. je tente un pauvre sourire triste et forcé... Je ne crois pas qu'il soit dupe !
Un mélange cette soirée... De grands moments de vide, un froid permanent, quelques fou-rires, des courbatures, de la vodka, de la fatigue, des remerciements...