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Note aux lecteurs égarés ici :

Ceci est un blog somme toute assez personnel, voire intime. Je n'y publie pas régulièrement, au point que l'on pourrait se demander s'il a vraiment une utilité. Pour moi il en a une. Ce ne sont souvent que des billets d'humeur, parfois des réponses à des commentaires ou à des articles non-cités. Parfois c'est -très humblement- poétique, parfois c'est chirurgical. Parfois c'est très noir, voir gênant, parfois ce n'est que joie du quotidien. Sans transition. Parce que je suis ainsi, mais qu'il n'y a qu'ici que je peux faire sortir ça de cette façon.


Certains textes peuvent être violents, parce qu'ils parlent avec crudité de sexe, de troubles du comportement alimentaire, de dépression, ou de viol. Ceci est donc un avertissement à l'attention de ceux qui ne souhaitent pas s'y confronter.

2 juin 2014 1 02 /06 /juin /2014 10:05

On m'a posé une question sur le site ask.fm , comme le nombre de caractères n'était pas suffisant j'y réponds ici.

 

C'est une question compliquée en fait. C'est difficile de remonter au commencement quand c'est changeant comme ce que je vis. Je vais essayer d'expliquer, mais ça risque d'être confus et long...
Je pense qu'il y avait déjà des problèmes alimentaires quand j'étais toute petite, mais je ne sais pas trop si c'était au final les miens ou ceux de mon entourage, et je ne sais pas trop si ça tenait de la pathologie ou d'un truc "pré-pathologie" (c'est difficile à expliquer).
Par exemple j'ai appris assez récemment que ma soeur tout bébé avait eu une période où elle ne s'alimentait plus qui avait été très anxiogène pour ma mère, et que visiblement ça a eu un fort impact sur elle, et qu'elle avait tendance à me gaver quand je suis née qui viendrait peut-être de là. Cette tendance au gavage était de toutes façons aussi quelque chose de très fréquent à l'époque, les laits enrichis, les farines dans le biberon (ça se fait encore, mais quand même moins), la soupe à un mois et demi (véridique dans mon cas), totu ça c'était très encouragé par le corps médical etc. Ca a quand même pas mal changé. Pour cette part donc, ce ne sont pas des souvenirs, mais des faits racontés par la famille.

Cette tendance au gavage bébé, on la trouve encore par la suite : je passais énormément de temps avec/chez mes grands-parents qui glorifiaient beaucoup le fait d'avoir "bien" (au sens beaucoup) ou tout mangé ce qui était à disposition. J'étais une enfant gourmande et qui mangeait vraiment de tout sans rechigner. Pourtant quand j'ai commencé à moins manger, ou à exprimer des dégoûts pour certains aliments, (tout en étant toujours très gourmande et pas difficile avec les aliments rebutant le plus couramment les enfants, en tous cas rebutant ceux de ma famille.) ça s'est très mal passé, tant avec mes parents qu'avec mes grands-parents. J'ai des souvenirs assez traumatiques de scènes humiliantes où j'avais interdiction de quitter la table si je n'avais pas fini mon assiette, même si ça me rendait malade, même si je devais en vomir ensuite. (Au passage j'ai des souvenirs du même genre à la cantine de l'école, même si en version moins violente)
Ca pose déjà un cadre assez spécial, disons. A savoir qu'en même temps les premières réflexions sur mon corps  et sur mon appétit par ma famille avaient déjà lieu simultanément. C'était pas encore des vraies critiques mais des petites choses insidieuses sur mon fessier bien rebondi, ou sur mon appétit gargantuesque (oui, c'est totalement paradoxal avec le fait qu'on me refusait le droit de ne pas avoir faim ou ne pas avoir envie de manger.), comme par exemple le "il vaut mieux t'avoir en photo qu'en pension" pour dire que je dévorais...


Je crois que j'ai commencé les trucs genre voler de la nourriture, en cacher, voire en acheter seule en primaire, mais je ne saurais pas trop dire à quel âge. Je me faisais des sortes de "crises" où j'allais acheter des bonbons et où j'engouffrais tout en cachette. Evidemment à l'époque je ne voyais pas le problème et je ne sais même pas aujourd'hui si c'était déjà quelque chose de pathologique ou si c'était simplement des "bêtises" courantes d'enfant sur la base d'envies : les bonbonspar exemple étaient plutôt interdits chez nous.

Bref donc en primaire je faisais ça. Puis il y a eu le collège et la puberté. Parallèlement je vivais un abus d'ordre sexuel par un membre de ma famille. Je crois que c'est au début du collège que j'ai vomi pour la première fois après une de mes petites séances de bouffe cachée. C'était pas volontaire il me semble, c'était juste que je m'étais rendue malade en fait, mais je ne sais pas trop comment j'ai fini par me faire vomir comme ça de temps en temps, pas de façon régulière.


Ma mère a fini par s'apercevoir que je "grignotais" dans mon coin et comme avec la puberté and co je m'étais pas mal arrondie, elle m'a conduite chez une diététicienne (ou nutritionniste, je ne me souviens plus bien.) Je faisais alors 1m69 pour environ 66kg. Pas de quoi fouetter un chat, avec le recul. Mais j'étais vraiment persuadée d'être obèse, en fait. Mon entourage et en particulier ma mère (mais aussi les camarades à l'école, etc) avait réussi à me persuader de ça. C'est chez la diét donc que j'ai appris à tenir des petits carnets alimentaires.  Et à force de noter, même si j'étais pas dans une période où je faisais beaucoup de "crises" comme expliqué plus haut, j'avais l'impression que je mangeais des quantités folles de nourriture. Je ne sais plus trop comment se sont passés les rdv avec la diét', j'en garde pas vraiment de souvenir. De toutes façons, l'été de la fin du collège est arrivé, j'ai "fondu" et pris mes derniers cm, au début de ma classe de seconde je faisais donc 1m72 pour 57-58kg. J'étais pas mal sportive depuis l'enfance et en fait les moments où je prenais du poids correspondaient aux moments où j'arrêtais un sport. Par exemple au collège je faisais dans le même temps de l'équitation, de la danse et de la gym. J'ai arrêté l'équitation pour des raisons d'ambiance qui ne me faisait plus envie et en prétextant mes chevilles hyperlaxes et fragiles. La danse, c'est un peu pareil, j'ai raconté sur Twitter comment j'en étais venue à arrêter et l'ambiance pourrie qu'il y avait. De trois sport, je suis donc passée à un seul : la gym, le mercredi aprèm. Que j'ai arrêté à la fin du collège puisque c'était dans le cadre de l'asso sportive du-dit collège. Au lycée, parallèlement à ma "fonte", je me suis lancée à corps perdu dans l'aïki taî do, de 2 à 3 séances par semaine d'environ 2h-2H30 chacune. Et je me suis mise à aller à la piscine pour nager pendant mon temps libre ou à partir faire de longues balades à vélo. Mon poids me tarabustait toujours, même si j'étais beaucoup plus mince. J'avais l'impression d'être en surpoids. Je faisais encore des "crises" de temps en temps, sans que ça soit régulier.

 

C'est quand j'ai quitté la maison après le bac (et que j'ai donc arrêté les acti sportives hebdomadaires), que mon alimentation est devenue plus problématique. La première année je me suis lâchée complètement sur la bouffe. Je me faisais des séances de fast food à coups de 3 menus. Je ne vomissais plus à l'époque. Je compensais ensuite en ne mangeant plus rien pendant une semaine. C'est au cours de mes années de fac à Lyon que c'est devenu franchement flippant. C'est à ce moment que je me suis mise à me restreindre tous les jours. Je tournais à 500 calories par jour grand maximum, et évidemment je crisais régulièrement. Parallèlement j'ai entamé une jolie dépression et une phobie sociale "partielle" assez cheloue. A Lyon, je m'enfermais dans mon appart d'étudiante et je ne sortais plus que pour quelques courses essentielles à mes crises, je n'allais plus à la fac, je ne sortais plus dans la rue, tout me faisait peur et m'était trop dur. Mais je rentrais chez mes parents un week-end par-ci par-là et là je me comportais totalement à l'inverse: je passais le week-end dehors. Je sortais, je me défonçais la tronche tout le week-end, je voyais plein de monde et j'évitais la maison de mes parents comme la peste. Je crois que c'est à cette époque de la fac que tout a commencé vraiment "en grand". C'est là que je me suis mise à me restreindre tout le temps et à me faire vomir très régulièrement. Ca a continué après mon retour dans ma ville, toujours avec des phases alternées de restriction, de boulimie et d'hyperphagie.

Voilà. Je crois que j'ai fait le grand tour du "commencement".

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Published by Mlle B. - dans inclassable
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