Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Note aux lecteurs égarés ici :

Ceci est un blog somme toute assez personnel, voire intime. Je n'y publie pas régulièrement, au point que l'on pourrait se demander s'il a vraiment une utilité. Pour moi il en a une. Ce ne sont souvent que des billets d'humeur, parfois des réponses à des commentaires ou à des articles non-cités. Parfois c'est -très humblement- poétique, parfois c'est chirurgical. Parfois c'est très noir, voir gênant, parfois ce n'est que joie du quotidien. Sans transition. Parce que je suis ainsi, mais qu'il n'y a qu'ici que je peux faire sortir ça de cette façon.


Certains textes peuvent être violents, parce qu'ils parlent avec crudité de sexe, de troubles du comportement alimentaire, de dépression, ou de viol. Ceci est donc un avertissement à l'attention de ceux qui ne souhaitent pas s'y confronter.

28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 15:05

Aujourd'hui en 2013, je vais mieux.  Pas "bien", juste mieux. Mais ce n'est pas de ça que je suis venue vous parler.

Aujourd'hui en 2013, je suis inscrite sur Twitter.

Aujourd'hui, en 2013, je découvre que l'année dernière un hashtag y a beaucoup fait parler de lui. Je n'étais pas encore inscrite je pense. Ou pas très assidue.

Aujourd'hui en 2013, je découvre donc le hashtag #jenaipasportéplainte . Une avalanche de tweets qui a déferlé sur la toile. Mais aussi des messages privés. Parce que la parole publique est encore difficile. Pour en savoir plus il faut aller . Je lis donc et je me pose la question. Et moi ? Pourquoi je n'ai jamais porté plainte ? Les réponses affluent, similaires à d'autres. Elles se divisent en 3 parties, ceux qui me connaissent le savent.

 

Dans les années 90, je n'ai pas porté plainte, parce que j'étais jeune, j'avais peur, j'avais honte.

Dans les années 90, je n'ai pas porté plainte, parce que c'était mon cousin et que j'avais peur que ça détruise la famille.

Dans les années 90, je n'ai pas porté plainte, parce que ce n'étaient "que des attouchements" et que je pensais qu'on ne me croirait pas.

Dans les années 90, je n'ai pas porté plainte, parce que j'ai fini par en parler à mots couverts à ma mère, forcée par une assistante sociale, et qu'elle n'a pas compris, pas entendu, ou qu'elle n'a pas voulu comprendre et entendre.

Dans les années 90, je n'ai pas porté plainte, parce que lorsque j'ai voulu parler à ma mère, je me suis faite engueuler. Elle a dit "pourquoi parler à quelqu'un de l'extérieur de problèmes qui concernent la famille ? " Elle parlait de l'assistante sociale-psy du collège. Alors qu'est-ce que ça aurait été avec la police.

Dans les années 90, je n'ai pas porté plainte, parce j'aimais ma cousine, mon oncle et ma tante. J'avais peur de les perdre.

 

Dans les années 2000, je n'ai pas porté plainte, parce que j'avais honte, parce que je me sentais coupable.

Dans les années 2000, je n'ai pas porté plainte, parce que c'est moi qui avais voulu parler à un inconnu, parce que c'était moi qui m'étais mise dans cette situation. Parce que c'était ce que je pensais, et parce que c'était ce que je pensais qu'on penserait.

Dans les années 2000, je n'ai pas porté plainte, parce que j'aurais dû refuser d'entrer dans ce local. Parce que j'aurais dû dire non plus tôt. Parce que j'avais peur qu'on me le reproche. Parce que je me le reprochais déjà toute seule.

Dans les années 2000, je n'ai pas porté plainte, parce que j'ai eu des occasions de partir et que je ne les ai pas saisies. Parce que j'étais tétanisée.

Dans les années 2000, je n'ai pas porté plainte, parce que je voulais que ça ne soit pas arrivé. Parce que je ne voulais pas me rappeler comment c'était arrivé. Avec la culpabilité qui aurait accompagné la vérité.

 

En 2008, je n'ai pas porté plainte, parce que j'étais ivre.

En 2008, je n'ai pas porté plainte, parce que c'était chez un copain.

En 2008, je n'ai pas porté plainte, parce que c'était un ami d'ami et que je ne voulais pas que ça foute la merde partout.

En 2008, je n'ai pas porté plainte, parce que j'avais du mal à y croire, parce que je ne voulais pas qu'on étale mon passé dans un tribunal, parce que je ne voulais pas qu'on enquête sur ma vie, parce que je pensais qu'on ne me croirait pas.

 

Voilà... Probablement que plus personne ne vient ici, mais ça n'a pas d'importance. J'avais juste envie de revenir dessus.


Parce qu'aujourd'hui, en 2013, je suis effarée quand des gens ne veulent pas croire que les stats judiciaires des agressions sexuelles sont bien en-dessous de la réalité, quand des gens refusent de voir à quel point la machine de la société est bien huilée pour que tout ça reste dans un joli placard sombre, quand des gens ne veulent pas croire au harcèlement de rue, quand des gens ne veulent pas arrêter de juger celles (et ceux) qui ne portent pas plainte...

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Mlle B. - dans viols et violences
commenter cet article

commentaires

ppm 02/05/2013 21:34

Je ne te connais pas tant que ça, alors j'essaie de dire des choses censées. Tant mieux si tu as dépassé le mode "replay". Je préfère me tromper ;-)
Par "viol consenti" je comprends une relation ou on a pas vraiment "envie". Si on a pas vraiment envie, qu'on prête notre corps, qu'on n'en jouit pas vraiment, alors on est dans le viol consenti,
c'est même pas violent du tout, c'est ce que font la majorités des couples où la femme ne jouit pas.
Moi alors je ne suis pas normal, je n'ai pas fait l'amour depuis 2010. Je ne veux de sexe que dans l'amour, car c'est trop bien. Juste faire le sexe, sans l'amour avec, cela ne me dit rien, je
préfère me masturber ;-)
En ce moment je suis amoureux, mais il n'y a pas de sexe, justement car la femme n'est pas dans l'envie, alors cela n'a aucun sens.
Mais je ne désespère pas d'avoir un jour fromage et dessert ;-)
Au final, on est d'accord sur la violence omniprésente, dont le sexe n'est qu'une des facettes.

ppm 25/03/2013 13:58

Je ne suis pas sur twitter, mais tant mieux si ça permet de faire nombre sur le sujet.

Je ne me souviens que de l'histoire du local poubelle, car cela m'avait marqué (comme un symbole de se mettre à la poubelle). Mais avec tout l'historique, je me dis maintenant que la récidive n'est
pas innocente. Comme tu dis, reproduire la chose c'est une manière de se l'approprier. Une personne violée (et plus généralement violentée, par exemple frappée, en particulier par les gens qui sont
censés nous aimer) va reproduire la violence, en tant que victime ou en tant que bourreau. Et elle sera persuadée que c'est ça l'amour, que c'est normal, car c'est appris par l'enfant. Un enfant
qui voit sa maman ou sa sœur frappée par son papa, va "apprendre" ce comportement, et le reproduire, car les enfants apprennent tout.


Il faut que tu arrives à sortir définitivement de la compulsion de répétition (tu fais ce qu'il faut pour que le drame se produise car tu ne te révoltes pas, et tu en as parfaitement conscience).
Je suppose que tu te vois le faire comme si c'était une autre personne, comme si tu étais spectatrice ? c'est ce que racontent les suicidés qui se sont loupés.

Refaire, cela peut-être aussi une manière de digérer mais en étant actrice. Genre ce coup là, c'est pas un hasard, je l'ai cherché, et donc je maîtrise le truc. C'est parfois ce qui se passe quand
c'est trop difficile d'admettre l'horreur d'être une victime impuissante. Mais c'est pas bon, car cette culpabilité ne t'appartient pas !

L'éducation que nous avons reçu et que nous donnons est violente, et elle touche presque tout le monde.
La violence sexuelle n'est que la partie tabou de la violence ordinaire, mais c'est le même mécanisme.

Je minimise pas la violence sexuelle, en disant cela je veux élargir le problème à la violence en général faite à l'enfant, car le problème est global, et c'est pourquoi notre société de merde ne
veut pas en entendre parler.

Les femmes qui jouissent vraiment d'un homme sont très rares car leur initiation est souvent une misère, à partir du moment ou elle a dit oui, le mec fonce et il est très peu probable qu'il soit
capable d'écoute ... car il n'a pas été écouté lui non plus dans d'autres registres.

Cette sexualité est un viol consenti, et au mariage on parle de consentement mutuel. Beurk, c'est vraiment une expression dégueulasse. Comme une sexualité qui démarre comme ça peut-elle s'épanouir
normalement ?

Quand je regarde les femmes autour de moi (celles dont je suis amoureux du moins) j'ai l'impression qu'elle sont toutes dans le viol consenti. Au point que passer la nuit ensemble veut forcément
dire faire le sexe. C'est con, parfois c'est bon de dormir avec une personne, même si on couche pas tout de suite ;-)

Respecter l'enfant, cela voudrait dire respecter le citoyen, l'électeur, le malade ... et notre société prend au contraire la direction inverse ... avec tout l'enrobage de novlangue qui explique
qu'on te viole et qu'on te torture ... mais dans l'éthique et le respect. C'est une véritable révolution que de s'attaquer à ce problème de société.

Mlle B. 02/05/2013 16:18



Hmmmm, je suis très choquée par ce que tu dis en fait. Déjà dire "reproduire la chose"me choque en soi. Ce n'est pas moi qui ai violé. Ce n'est pas moi qui ai fait quelque chose de mal. De même
"tu fais ce qu'il faut pour que le drame se produise" me choque aussi.


Techniquement, je n'ai rien fait pour que ces choses arrivent. Je ne parlerai pas du premier cas ici, mais des 2 autres. Qu'est-ce que j'ai fait au final ? Dans le second, j'ai simplement parlé
avec quelqu'un et je l'ai, certes un peu naïvement, suivi. Dans le 3ème, je me suis juste bourré la gueule avec des amis. Dire que c'est moi qui ai provoqué les évènements qui ont suivi,
c'est participer à la culture du viol, participer à la culpabilisation de la victime. Je crois avoir enfin dépassé cette culpabilité. Être capable aujourd'hui de dire :
NON ce n'était pas ma faute. Les coupables ce sont ceux qui violent. Que ce soit "consciemment" sous la menace, ou que ce soit simplement en se passant du
consentement de l'autre.
Quant au fait de ne pas m'être révoltée, je crois que c'est quelque chose qui a été pas mal développé : le concept de sidération psychique.
Je ne vois donc pas trop quoi répondre à ce que tu dis sur le fait de "refaire" et sur le fait "d'être actrice". Ce que tu dis sur le "je l'ai cherché" etc, c'est justement ce que j'ai pensé
immédiatement. Aujourd'hui, des années après, je sais que non, je n'ai rien cherché, je n'ai pas cherché à "reproduire" quoi que ce soit. En effet cette culpabilité ne m'appartient pas, c'est
pour ça que ton comm' me pose un problème.
Pour la suite, je suis d'accord avec toi, la violence sexuelle est une partie spécifique de la violence en général. Elle est malheureusement souvent présentée comme l'inverse, c'est à dire du
sexe violent. Je ne sais pas trop comment exprimer ça rapidement dans un commentaire. Le viol et les violences sexuelles ne sont pas du sexe pour moi. J'espère que tu comprendras...


Je te rejoins également sur la violence de nos sociétés, à commencer par les violences faites aux enfants. Je lis énormément à ce sujet depuis la grossesse et la naissance d'Aliocha. Le fait de
considérer l'enfant comme un être "inférieur" ou un être "en devenir" est déjà très révélateur à ce sujet. Les enfants sont des êtres. Point Barre. Et pourtant il est parfois si difficile (pour
moi en tous cas) de ne pas céder à la vision générale de la société sur les enfants. Il est parfois également hallucinant de constater à quel point il est difficile de ne pas reproduire les
violences subies qu'elles soient physiques ou verbales avec son propre enfant.


Je trouve ça intéressant ton lien avec le fait d'avoir écouté l'enfant avant qu'il soit homme et viole, mais je ne sais pas si c'est le fait de ne pas l'avoir écouté qui donne ça en réalité. La
non-écoute des enfants vaut pour tous les sexes/genres. La parole des filles n'est pas plus écoutée que celle des garçons, mais par contre on leur apprend qu'elles doivent écouter les
autres.  Je pense que ces comportements se créent plutôt justement à la suite des apprentissages genrés. Pour exemplifier de façon simple : tu es une fille > tu dois être passive, douce,
non violente, tu dois donc faire attention aux plus forts que toi et à tes comportements avec eux, etc. tu es un garçon > tu dois être fort, courageux, audacieux, c'est toi qui a le pouvoir.
Entre autres, celui de mettre ton sexe dans celui de qqun d'autre, celui de ne pas écouter, ou de ne pas demander l'avis des autres.


Je ne suis pas certaine d'avoir compris "cette sexualité est un viol consenti". Oui, il y a un problème avec les apprentissages cités plus haut qui voient lafemme comme passive et l'homme comme
actif (en général, ou dans la sexualité hein), je ne sais pas si c'est de ça que tu parlais ?


Au sujet du sexe, je me dis que c'est parce que nous sommes dans une société de la performance (tant pour les hommes, que pour les femmes, les intersexes...). Il FAUT avoir des relations
sexuelles. Si tu n'en as pas, ou si tu n'en a pas un minimum, c'estconsidéré comme anormal. Et il faut que le sexe soit une performance. Il n'y a qu'à voir/écouter/lire tous les conseils de
sexologues etc sur le sujet. Il faut atteindre l'orgasme à chaque fois, il faut être inventif, etc. Et pour revenir aux rôles genrés, l'accent est souvent mis sur l'action masculine. Lorsque
qu'on parle aux femmes de "prendre "l'initiative", c'est considéré comme une exception, un rôle non habituel... Et également souvent présenté dans l'intérêt du couple par le biais du plaisir
masculin. (C'est peut-être en cela que tu parlais de viol consenti en fait : même si t'en as pas envie, faut coucher, sinon l'homme se barre et ton couple est fini, blablabla ?)
Je suis d'accord avec ta conclusion, c'est pour ça que ces derniers temps je m'intéresse au féminisme, à l'anti-racisme, à l'éducation non violente, à l'égalitarisme, et bien d'autres choses
encore. (ouais plein de choses ont changé dans ma vie dans ma tête et même pas j'en ai parlé sur le blog dis donc... mais ça viendra ^^)


Je t'embrasse. ^_^ (désolée si c'est un peu fouilli)



C 04/03/2013 05:15

alors voila... j'ai passé la nuit a lire ton blog, j'ai passé la nuit a pleurer. Tes mots sont comme les miens, toute cette haine, toute cette honte, l'anorexique raté, la gerbe qui te gicle a la
gueule, la gerbe qui t'aveugle parce que putain qu'est ce que tu te sens conne quand t'en a dans les yeux, qu'est ce que tu te sens sale quand t'en as dans les cheveux. Tellement que t'as envie de
chialer, de sortir les ciseaux et de couper tout ça, couper tout tes cheveux blond. Les viols aussi... et tout ces animaux qui te regardent, qui ne pense qu'a "t'es bonne", ces animaux qui te
foutent la main au fesse, qui te demande si "t'aime ça?" .. j'ai 17ans, et déjà je me sens vielle, vielle, usée, salie, epuisée. Mon corps ne ressemble a rien, il n'est qu'un amas de cicatrices,
bras, jambes, ventre. Devrais je aussi m'entailler le visage ? Ainsi me laisseraient t-il tranquille ces pauvres animaux avides. Mais non, mademoiselle veut plaire, mademoiselle aime faire sa
pupute, ça lui donne un nouveau prétexte pour se haïr. Puis, peut-être qu'elle (je, c'est difficile de dire je.. et je ne sais pas pourquoi je t'écris, il est cinq heure du matin, je me lève dans
deux heures.. j'écris ma vie a une inconnu que j'aime malgré tout, c'est idiot)Peut-être devrais je m'arrêter là dans cet axée d’égocentrisme, peut-être n'est ce pas bon pour la jeune et jolie
maman que tu es. peut-être, je ne sais pas, je me fais croire que je ne sais pas. Je voulais juste te dire, bon courage au départ, et que tu n'étais pas seule.. mais cela depuis le temps que tu
tiens ce blog que je viens a peine de découvrir, tu dois le savoir. Mon post est inutile, je suis inutile. Pardon

Pardon.

Mlle B. 06/03/2013 02:07



TU N'ES PAS ET NE SERAS JAMAIS INUTILE, BORDEL. Ne le sois pas. Ne t'excuse pas. TU ne me dois aucune excuse, bon sang. Je n'ai pas suffisamment de mots pour te dire à quel point ton commentaire
m'a cueillie au creux de l'estomac. Je n'ai pas non plus les mots suffisants pour te dire : TIENS LE COUP. Je n'ai pas les mots que moi-même je n'ai pas trouvés. Mais je continue de penser que la
vie vaut d'être vécue, même avec toutes les merdes qu'elle contient. J'ai l'excuse de voir sourire mon fils pour ça. Mais parfois ses sourires me font pleurer aussi. Si je ne suis pas seule, toi
non plus ne le sois pas ! J'ai juste envie de t'envoyer des torrents d'amour, même niais, pour te le faire comprendre. Je n'ai rien de plus encourageant à te dire au point où j'en suis. Je n'ai
pas tout réglé dans ma vie même après tant d'années... Je ne vais toujours pas "bien". Le monde m'horrifie toujours. Mon corps aussi. Mais il y a des moments, des instants si somptueux qu'ils en
valent le coup. Vraiment. Alors juste pour ceux-là, j'ai envie de te dire : Courage !


Cette réponse est pourrie mais je n'ai rien de mieux à offrir pour le moment. C'est à moi de te demander pardon pour ça. Juste : courage.



paquerette 28/02/2013 21:39

Eh une revenante!!!
Tu vois moi je viens toujours ici et avec plaisir, surtout que tu sais bien je suis toujours sensibilisée par le sujet puisque je fais partie d'une asso d'aide.
C'est bien de dire tout cela, la plupart des gens ne comprennent rien à la honte et la culpabilité, et pourtant !!!
Je vais aller voir le lien twitter.
J'espère que tu vas assez bien et bébé? il a du grandir?
gros bisous

Mlle B. 01/03/2013 00:02



Bonjour paquerette.


On fait aller. Le louveteau grandit très bien. Il a maintenant 15 mois, marche depuis ses 10 mois, fait des efforts pour parler et est un vrai petit monstre avide de découvertes et de câlins. La
vie quoi. ^_^



Présentation

  • : éphémère et délétère
  • éphémère et délétère
  • : Le blog d'une anorexique-boulimique, angoissée, névrosée, scarifiée, dépressive de plus...
  • Contact

Un jour. Ailleurs.

Pages