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Note aux lecteurs égarés ici :

Ceci est un blog somme toute assez personnel, voire intime. Je n'y publie pas régulièrement, au point que l'on pourrait se demander s'il a vraiment une utilité. Pour moi il en a une. Ce ne sont souvent que des billets d'humeur, parfois des réponses à des commentaires ou à des articles non-cités. Parfois c'est -très humblement- poétique, parfois c'est chirurgical. Parfois c'est très noir, voir gênant, parfois ce n'est que joie du quotidien. Sans transition. Parce que je suis ainsi, mais qu'il n'y a qu'ici que je peux faire sortir ça de cette façon.


Certains textes peuvent être violents, parce qu'ils parlent avec crudité de sexe, de troubles du comportement alimentaire, de dépression, ou de viol. Ceci est donc un avertissement à l'attention de ceux qui ne souhaitent pas s'y confronter.

21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 12:37

On en est là.

Je suis assise en train de tourner et de retourner les mots en boucle dans ma tête. Mais vas-y, bordel, parle-lui. Parle-lui des 4 kg que tu as perdu cette semaine, parle-lui de ton alimentation constituée de café, parle-lui de ta dent qui est tombée, parle-lui de tes nuits à 2 ou 3h de sommeil, des journées qui te sont insupportables, des tics incessants dont tu ne peux pas te défaire, des repas qui te sont odieux, de la fatigue, de ces moments où tu ne peux même pas te lever, de ce malaise que tu as fait ce matin en venant, dis-lui à quel point c'est insupportable de voir ton enfant manger, à quel point c'est insupportable de le voir ne pas manger. Dis-lui la honte d'avoir vomi devant lui, dis-lui le sentiment de vide qui t'habite la majeure partie du temps, dis-lui que tu as failli ne pas venir ce matin, dis-lui que tu as envie au fond de dynamiter cet espace où tu devrais pouvoir parler, dis-lui les journées où tout n'est qu'abandon, dis-lui que tu ne peux juste plus.

Mais non.

Je me suis juste contentée d'un petit "je ne peux plus" et d'un minuscule "je ne vois pas comment je vais tenir encore une semaine." puis de mes habituels "je ne sais pas" "comme vous voulez". Et la seule réponse que j'ai entendue, la seule réponse que je ne voulais pas entendre. "L'urgence, c'est de vous donner quelque chose pour aller vite mieux. D'ici là, il va bien falloir faire sans. Ménagez-vous du temps pour vous. " Alors que justement je ne peux pas ménager du temps pour moi. Pas plus que ce que j'ai déjà. Les activités pédagogiques et ludiques sont déjà devenues du "temps [plus ou moins] pour moi" en se réduisant comme peau de chagrin au profit d'un mollasson "Joue un peu seul, mon coeur, Maman n'est pas bien du tout là, elle a besoin de se reposer." Mais évidemment qu'il ne veut pas jouer seul. Evidemment. Il a deux ans. Alors je m'endors à moitié en lui lisant le livre ou en l'aidant à faire son puzzle. Alors je me réveille en sursaut quand il me saute sur le dos pour attirer mon attention, j'ai mal, je suis énervée et encore plus épuisée que 10 minutes avant.

 

"Un truc pour aller mieux". Les médicaments. Ce qui m'est proposé comme ultime solution parce qu'on a décidé pour moi que je n'avais pas envie de voir un psy, que je n'avais pas envie de parler réellement, faute de budget, faute de disponibilité. Les médicaments. Quelle ironie. Je sais déjà comment ça va se passer. Je les prendrai, je ne verrai aucun changement à part les effets secondaires horribles qui me descendront encore plus. Migraines, nausées, pertes de mémoire, défaut de concentration, vertiges. Comme si je ne subissais pas déjà suffisamment tout ça. Je tiendrai un peu, je les prendrai comme il faut, au moins jusqu'à ce que les maux liés disparaissent ou s'atténuent. Un mois. Deux. Peut-être trois, qui sait ? Puis j'arrêterai brutalement. Ca ne changera rien à mon état. Juste à nouveau les effets secondaires affreux. Je les planquerai. Je les stockerai. Je n'irai plus aux rendez-vous, j'éviterai consciencieusement les appels inquiets des soignants, s'il y en a. Et le jour, l'heure, l'instant T où ça sera trop dur, où j'en aurai trop marre, je prendrai tout d'un coup noyé dans la vodka. Parce que c'est la seule chose que je sais faire. Parce que c'est ce que j'ai déjà fait. Parce que c'est ce que je fais. Et si j'en réchappe, ça me sera un électro-choc parce que je ne veux pas mourir, au fond. Alors je me forcerai, j'irai un peu mieux. Mais pas vraiment bien. Comme d'habitude. Et ce jusqu'à la prochaine descente aux enfers, parce que c'est comme ça que je fonctionne.

 

Je voudrais juste apprendre à vivre normalement. Je voudrais juste apprendre à vivre avec moi. Parce que je suis fatiguée de moi.

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Published by Ursidéa B. - dans délétère
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commentaires

ppm00 19/04/2014 12:01

Ton énergie vitale est pompée par le déni des souffrances que tu as vécues.
Il faut reconnaître cette souffrance infligée par nos parents - dont nous ne sommes plus mortellement dépendant - pour revivre.
Cela ne veut pas forcément dire faire leur procès, les changer, forcer la confrontation. Mais cela veut dire prendre conscience qu'ils nous ont maltraité.
Bien sûr ils ont cru bien faire, bien sûr ils ne peuvent pas l'admettre, mais nier cette maltraitance ordinaire est la source de bien des maux.
Il ne faut pas leur pardonner, il faut le conscientiser.
C'est la seule manière de se défaire des peurs enfouies, des peurs de mourir si on ne fait pas ci ou ça.
Je sais pas comment te dire autrement.
Lire ALice Miller te ferait du bien : http://www.alice-miller.com/index_fr.php .

Mlle B. 27/05/2014 19:42



Tu sais que ça doit bien faire 3 ans que tu me dis de lire Alice Miller ? TU dois te douter que c'est déjà fait, quand même un peu... ? ^^



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