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Note aux lecteurs égarés ici :

Ceci est un blog somme toute assez personnel, voire intime. Je n'y publie pas régulièrement, au point que l'on pourrait se demander s'il a vraiment une utilité. Pour moi il en a une. Ce ne sont souvent que des billets d'humeur, parfois des réponses à des commentaires ou à des articles non-cités. Parfois c'est -très humblement- poétique, parfois c'est chirurgical. Parfois c'est très noir, voir gênant, parfois ce n'est que joie du quotidien. Sans transition. Parce que je suis ainsi, mais qu'il n'y a qu'ici que je peux faire sortir ça de cette façon.


Certains textes peuvent être violents, parce qu'ils parlent avec crudité de sexe, de troubles du comportement alimentaire, de dépression, ou de viol. Ceci est donc un avertissement à l'attention de ceux qui ne souhaitent pas s'y confronter.

17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 10:10
Héroïne.
Étrange mot dont elle m'a affublée hier. Affubler n'est pas le bon terme. Ça sonnait comme une promesse, comme un souvenir, comme un espoir, comme une lueur. C'est un beau mot. Je l'ai toujours aimé. C'est le mot de mes 16 ans. C'est le titre d'un film découvert sur le tard, plus ou moins navet, mais que j'avais aimé, que j'avais chanté. Héroïnes. C'était un beau titre. C'était nous. On était jeunes, belles, on le savait sans le savoir... On fumait, on buvait, on criait, on riait, on pleurait, on vivait. On avalait tout ! La vie, les mecs, les filles, l'alcool, la fumée, la mauvaise bouffe, les langues, les corps, la sueur, l'air... Le chocolat chaud du Buena Vista, les menthes à l'eau en terrasse, la bière à flots des Arcades, les burgers du calme la dalle, Jibé, Aurelien, Alioun, Pierrot, Anthony, Marlboro et Camel en poche. On aurait bouffé toutes crues les cruches reines du monde qui nous toisaient et ne savaient rien de nous. On découvrait le monde en ouvrant des grands yeux comme les deux gamines qu'on était. Je regardais ces "jolis punks" qui me fascinaient, accoudée au bar, le bock à la main comme si j'avais cent ans, je retombais à cinq dés que l'un deux me regardait dans les yeux. Tu te demandais s'il fallait rester une heure ou un jour de plus avec ton mec du moment, pour qu'il ne souffre pas trop. J'avais du noir sur les yeux, mes pics, et mes docs comme armure. Tu avais tes boucles blondes, et tes yeux couleur d'orage qui lançaient des éclairs. La terre et le feu. Le ciel et le feu. On brûlait tout. On rêvait. De Paris. On avait fait les plans de l'appart, on voulait des rodéos, de la vodka, du rock'n'roll, du sexe et de la liberté. Tu m'avais appris le langage des signes pour couler des bateaux. On fantasmait sur le prof d'éco. On allait boire dans l'herbe qui envahit les remparts, on racontait, on se racontait, et on finissait par s'étaler, la tête dans la rosée. On allait chanter et fumer assises sur les marches de la petite porte de derrière. Héroïne nous a bercées, en même temps que les Jolies Choses. Toi tu étais la fille de l'air, moi j'étais la fille de joie... Chacune de nous se reconnaissait dans la Conne. On chantait tour à tour. Dans nos Palais, nos Tombeaux, on accordait nos voix. Seules au milieu du bruit, de la foule, et du silence. On était deux. On était là.


"Les Jolies Choses c'était nous deux.
Tout ce qu'on a fait, c'était pour eux...
Alors les monstres, qu'on les crève !
Sous leur merde, y'avait nos rêves...
Je mettrais de l'or dans nos yeux,
Pour qu'on n'ait plus jamais peur d'eux...
Leur jolie chose, c'est la mort...
Nous on va rester en dehors..."


(Non, je ne m'excuserai pas des fausses notes et de ma voix pourrie. Cette fois-ci c'est comme ça. Et tant pis pour vos oreilles pour ceux qui auront cliqué.)


*Références :
Héroïne, film de Gérard Krawczyk,
chanson "L'héroïne" de Maïdi Roth.
Les jolies choses, film de Gilles Paquet-Brenner,
chansons "La conne" et "La fille de joie" d'Axelle Renoir.

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Published by RuBee - dans éphémère
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commentaires

gadjo 24/02/2010 18:49


tu auras toujours cette même place dans mon cœur...


gadjo 20/02/2010 19:14


c'est la 3ème fois que je lis cet article, sans laisser de commentaire mais je dois me lancer pour percer cet abcès qui me crève le cœur... Je n'ai pas ton talent pour trouver les mots qui
décriront ce que je ressens, je n'ai pas ton talent tout court, alors s'il te plait, soit indulgente où plutôt tente de comprendre ce que j'essaye de te dire même si c'est maladroit, comme avant,
lorsque l'on se comprenait sans avoir à échanger de mots.

Je t'ai tellement aimé, tu étais tout pour moi. Je ne sais pas si tu le savais, je ne te l'ai jamais dit, peut-être par pudeur, je supposais que tu le savais. On était tellement forte ensemble. Au
collège, je n'étais rien sans toi, c'était toi qui cassait la gueule à ceux qui m'emmerdaient, pas encore assez de caractère je suppose...
On a passé tellement de moment géniaux, tu les as retranscrit mieux que je ne pourrais jamais le faire dans cet article...

et pourtant, je ne peux pas le lire sans fondre en larmes. Je t'ai laissé tomber dans une période de ta vie ou tu avais besoin de moi. Tu étais partie loin de moi et j'essayais de me persuader que
tu allais bien, malgré les quelques signes que tu avais pu m'envoyer et que j'ai compris trop tard. Je me suis voilé la face, et aujourd'hui je sais que c'est parce que ta douleur était trop dure à
porter pour mes épaules de petite fille bien portante. Ton mal-être m'était totalement inconnu et je ne savais pas comment t'aider, je ne le sais toujours pas... J'ai fermé les yeux et tu m'as
fermé la porte de ton cœur et de ton âme. Je ne te comprends plus du premier regard, comme on s'amusait à le faire quand on était encore des gamines.

Nous avons pris des routes tellement différentes, mais je t'aime toujours autant. Malgré cela, nous savons toutes les deux que ce ne sera plus jamais pareil, nous n'avons plus le même langage. Et
pourtant j'aurais aimé que tout ce passe autrement, j'aurais aimé que tu me fasses un signe plus tôt, à cette époque ou je fermais les yeux, que tu me secoues et que tu me dises que tu avais besoin
de moi et que je n'avais pas le droit de te laisser derrière moi, seule.

Je ne prétendrais jamais comprendre ce que tu vis, ce n'est pas moi. Je ne vais pas te dire que je sais ce que c'est, parce que ce serait hypocrite de ma part de minimiser ce que tu endures. On a
pris des routes tellement différentes et je regrette de t'avoir laissé prendre ce chemin là, j'aurais dû t'aider, rester à tes cotés pour te relever quand tu en avais besoin. Mais je n'en avais pas
la force, ni les compétences. Je n'aurais pas su m'y prendre, et je n'aurais pas supporter un échec.

Tu as tellement de valeur, et tu ne peux pas savoir comme tes textes me font mal lorsque je les lis. Je sais que c'est pour toi une soupape pour exprimer ce qu'il y a au plus profond de toi. Mais
tu n'est pas invisible, tu n'es pas moche, tu n'es pas insignifiante... et c'est lorsque je te lis que je me rends compte que je ne pourrais jamais t'aider, parce que je ne comprends pas...

J'en suis désolée, et j'espère que tu pourra me pardonner un jour de la lâcheté dont j'ai fait preuve dans cette courte période de ma vie.Je m'en voudrais toujours.

Je t'aime, et j'espère que tu as compris le sens de ce message.


Bee 24/02/2010 07:18



Je t'aime.

Tu n'es pas lâche et ne l'as jamais été. Je me suis évertuée à envoyer des signaux contradictoires toutes ces années. Tu ne pouvais pas les décrypter, c'est évident aujourd'hui. Je n'avais pas
pensé que venir sur ce blog serait peut-être pour toi un choc, une douleur, ou un remord... J'ai été bien égoïste de t'y envoyer.
Je ne t'ai pas fermé la porte de mon coeur et de mon âme... J'ai juste mis un lourd rideau devant pour tout le monde et moi-même. Ne m'aide pas. Ne cherche pas à m'aider. Ce n'est pas ce que je
veux. J'aimerais juste que tu me gardes la petite place dans ton coeur que tu as toi aussi dans le mien. 
Cet article était une déclaration d'amour que je pouvais pas te faire en face, parce que je trouve plus facilement mes mots sur le papier ou le clavier que dans ma bouche.  

Juste : je t'aime, n'ais pas de regret, et souvenons-nous ensemble de ces jolies choses en en construisant d'autres.



Didier 24/09/2009 16:34


Tu as la voix quand tu monte comme du cristal
une pureté absolue
une voix qui m'enchante et me fait rêver
merci d'être la tout simplement

Didier


RockaBeelly 24/09/2009 20:20



Merci.



Gaby 19/09/2009 23:59

Ca fait du bien de réentendre ta jolie voix :)

RuBee 20/09/2009 00:16




Je t'embrasse ma petite fleur au sucre.



Nadja 19/09/2009 23:46

c'est drôle moi aussi mes 16 ans étaient comme cela. Et j'ai adoré le film "Les jolies choses", faut dire que j'aime aussi beaucoup Marion Cotillard.

RuBee 20/09/2009 00:11



Moi aussi j'aime beaucoup Marion Cotillard.. Mais je l'ai justement un peu découverte avec ce film.
Je t'embrasse tantine !
^_^



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