Jeudi 17 septembre 2009
Héroïne.
Étrange mot dont elle m'a affublée hier. Affubler n'est pas le bon terme. Ça sonnait comme une promesse, comme un souvenir, comme un espoir, comme une lueur. C'est un beau mot. Je l'ai toujours aimé. C'est le mot de mes 16 ans. C'est le titre d'un film découvert sur le tard, plus ou moins navet, mais que j'avais aimé, que j'avais chanté. Héroïnes. C'était un beau titre. C'était nous. On était jeunes, belles, on le savait sans le savoir... On fumait, on buvait, on criait, on riait, on pleurait, on vivait. On avalait tout ! La vie, les mecs, les filles, l'alcool, la fumée, la mauvaise bouffe, les langues, les corps, la sueur, l'air... Le chocolat chaud du Buena Vista, les menthes à l'eau en terrasse, la bière à flots des Arcades, les burgers du calme la dalle, Jibé, Aurelien, Alioun, Pierrot, Anthony, Marlboro et Camel en poche. On aurait bouffé toutes crues les cruches reines du monde qui nous toisaient et ne savaient rien de nous. On découvrait le monde en ouvrant des grands yeux comme les deux gamines qu'on était. Je regardais ces "jolis punks" qui me fascinaient, accoudée au bar, le bock à la main comme si j'avais cent ans, je retombais à cinq dés que l'un deux me regardait dans les yeux. Tu te demandais s'il fallait rester une heure ou un jour de plus avec ton mec du moment, pour qu'il ne souffre pas trop. J'avais du noir sur les yeux, mes pics, et mes docs comme armure. Tu avais tes boucles blondes, et tes yeux couleur d'orage qui lançaient des éclairs. La terre et le feu. Le ciel et le feu. On brûlait tout. On rêvait. De Paris. On avait fait les plans de l'appart, on voulait des rodéos, de la vodka, du rock'n'roll, du sexe et de la liberté. Tu m'avais appris le langage des signes pour couler des bateaux. On fantasmait sur le prof d'éco. On allait boire dans l'herbe qui envahit les remparts, on racontait, on se racontait, et on finissait par s'étaler, la tête dans la rosée. On allait chanter et fumer assises sur les marches de la petite porte de derrière. Héroïne nous a bercées, en même temps que les Jolies Choses. Toi tu étais la fille de l'air, moi j'étais la fille de joie... Chacune de nous se reconnaissait dans la Conne. On chantait tour à tour. Dans nos Palais, nos Tombeaux, on accordait nos voix. Seules au milieu du bruit, de la foule, et du silence. On était deux. On était là.


"Les Jolies Choses c'était nous deux.
Tout ce qu'on a fait, c'était pour eux...
Alors les monstres, qu'on les crève !
Sous leur merde, y'avait nos rêves...
Je mettrais de l'or dans nos yeux,
Pour qu'on n'ait plus jamais peur d'eux...
Leur jolie chose, c'est la mort...
Nous on va rester en dehors..."


(Non, je ne m'excuserai pas des fausses notes et de ma voix pourrie. Cette fois-ci c'est comme ça. Et tant pis pour vos oreilles pour ceux qui auront cliqué.)


*Références :
Héroïne, film de Gérard Krawczyk,
chanson "L'héroïne" de Maïdi Roth.
Les jolies choses, film de Gilles Paquet-Brenner,
chansons "La conne" et "La fille de joie" d'Axelle Renoir.
Par RuBee - Publié dans : éphémère - Communauté : Les écorchés vifs
Ecrire un commentaire - Voir les 6 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Recommander

Créer un Blog

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Derniers Commentaires

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus