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Note aux lecteurs égarés ici :

Ceci est un blog somme toute assez personnel, voire intime. Je n'y publie pas régulièrement, au point que l'on pourrait se demander s'il a vraiment une utilité. Pour moi il en a une. Ce ne sont souvent que des billets d'humeur, parfois des réponses à des commentaires ou à des articles non-cités. Parfois c'est -très humblement- poétique, parfois c'est chirurgical. Parfois c'est très noir, voir gênant, parfois ce n'est que joie du quotidien. Sans transition. Parce que je suis ainsi, mais qu'il n'y a qu'ici que je peux faire sortir ça de cette façon.


Certains textes peuvent être violents, parce qu'ils parlent avec crudité de sexe, de troubles du comportement alimentaire, de dépression, ou de viol. Ceci est donc un avertissement à l'attention de ceux qui ne souhaitent pas s'y confronter.

24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 18:43

...

Je ne vais pas bien.

Ce n'est pas une plainte, c'est un constat.

Je ne vais pas bien du tout.

 

Cela fait des semaines que je jongle avec mes idées noires et mes pulsions morbides. Je n'ai aucune idée du temps que tiendront mes acrobaties bancales. Je suis fatiguée. Si lasse et fatiguée que j'ai dû mal à entreprendre et que je sens pointer la dépression.

Je ne me sens plus en phase avec rien. Je garde un masque social pour le paraître et pour me rassurer, me consoler, tenter d'en sortir. Je me dis que ce n'est qu'une phase. Je commence à la trouver longue. Et de plus en plus violente. Les pulsions se font de plus en plus pressantes. L'envie d'en finir, une bonne fois pour toutes. L'envie de disparaître. Quelques crises d'hyperphagie sans compensation. Ca faisait longtemps. De plus en plus mal à la fin des repas. La nausée. Les maux de ventre. La peur. La peur de continuer à vivre. La peur de céder à la pulsion de mort. La peur de décevoir. Mon enfant en premier lieu. Et moi-même. Nombreux sont ceux à m'avoir jugée forte parce que je suis toujours là, parce que j'ai su tirer un trait sur certains passés. La vérité c'est que je ne me vois toujours pas comme quelqu'un de fort. La vérité c'est que je me trouve misérable, pitoyable et sans avenir. La vérité c'est que j'ai peur de moi. Il ne se passe presque aucun jour depuis environ deux mois sans que je pleure. Parfois ostensiblement, parfois silencieusement et cachée. Parfois ça me soulage. Le plus souvent non. Ca me laisse un sentiment d'inachevé parce que je n'ai pas été au bout de ces foutues pulsions mortelles. Je ne sais pas si c'est de la lâcheté ou au contraire du courage. Je tente de me distraire sans y arriver vraiment. Je tente de profiter des petits bonheurs mais ils ne suffisent plus à enterrer la merde au fond de moi. Les petits plaisirs futiles que j'essaie de m'accorder sont trop fugaces pour effacer la douleur et la peur.

 

Je ne suis plus capable de gérer mon fils. Je ne suis plus capable de gérer les relations familiales. Je n'ai plus la force de le contenir dans ses colères, je n'ai plus la force de subir ses petits poings qui me martèlent en me contentant de dire non. Je lui ai mis une claque. Une claque. Sonore sur sa si jolie petite joue rebondie. Ce sont probablement des larmes d'agresseur, mais je crois qu'elle m'a fait aussi mal qu'à lui. Je voudrais mourir. Il est irresponsable de me laisser seule avec un enfant que j'aime. Je ne suis plus en état de lui apporter mon amour. Je ne suis plus en état de gérer ma souffrance et donc encore moins la sienne. Je crois que je ne suis plus en état de rien. L'ais-je jamais été ? Cet "Incapable ! " qui m'est chevillé au corps.

 

Je voudrais juste dormir. Le quotidien m'étouffe. Toutes ces petites choses qu'il faut faire parce qu'il faut les faire. Je n'y arrive pas. Je n'y arrive plus. Faire la cuisine me fatigue. Faire le ménage m'épuise. Sortir m'effraie. M'occuper de mon enfant me terrifie. J'ai peur de lui. J'ai peur de moi. J'ai peur de l'emprise qu'il a sur moi, mes sentiments. J'ai peur de l'emprise que j'ai sur lui, physiquement et moralement. J'ai peur de ma violence. A qui demander de l'aide ? Je n'arrive pas à parler. Les gens autour de moi n'arrivent pas à m'écouter. Encore moins à me répondre. Je reste avec ma terreur. Ca n'a pas de sens. Ma vie n'a pas de sens. Je suis un monstre. La vie "normale" de respect et d'amour que je nous souhaiterais est impossible tant que je serai là.

 

Je ne vais pas bien. Comment pourrais-je faire aller bien les gens qui m'entourent ?

 

Mon ventre se tord et je voudrais à nouveau mourir.

Je ne vais pas bien et je ne sais plus quoi faire.

Je crois que je voudrais juste crier au secours. Mais je n'y arrive pas.

Délétère. Comme à mon habitude.

 

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Published by Mlle Bé - dans délétère
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commentaires

paquerette 25/08/2013 10:56

Je suis toujours allée chez des psychiatres toujours remboursés, ok il faut avancer mais avec la carte vitale 3 jours plus tard tu es remboursée! J'en ai eu pas mal jusqu'à ce que je trouve le bon
pour cette douleur là et il parlait à plein c'était un comportementaliste. Maintenant j'en ai un depuis 8 ans et il vient de me soutenir pendant une année très très douloureuse puisque je vien de
perdre l'amour de ma vie. J'ai encore besoin de lui il faut vraiment trouver la bonne personne par le bouche à oreilles parfois. Et puis je ne sais plus dans quelle région tu habites mais il y a
des assocs qui aident beaucoup même sans psy ou avec psy d'ailleurs car ce n'est pas du tout la même chose.
Tu peux m'écrire via le contact si tu veux.
courage, bisous

Mlle Bé 26/08/2013 10:01



Pour l'instant je n'ai pas de couverture de sécu. Donc le remboursement.... Humpf. Je suis désolée paqui, je ne savais pas que tu avais perdu quelqu'un cette année.
je t'envoie toutes mes condoléances, je sais comme c'est parfois difficile. :(


Pour les psy, pour l'instant, cette idée ne m'enchante pas. Comme tu le dis faut parfois en essayer beaucoup avant de trouver le bon. Et... J'ai pas trop la force de
faire des essais en ce moment. Je vais moins pire qu'à l'écriture de ce texte, mais pas fort fort non plus.


Grosses bises.



paquerette 24/08/2013 23:04

Bonsoir à toi
"A qui demander de l'aide ?" mais à un professionnel ton doc d'abord puis un psy, tu as vraiment besoin d'un break dans ta vie de tous les jours, je me reconnais dans tes mots, voilà une quinzaine
d'année obligée d'aller en clinique psy pendant 5 longues semaines et de laisser mes enfants et pourtant c'était mieux pour tout le monde, pour eux, pour moi, pour mon mari. Mais ce qui a été
indispensable c'est de continuer le travail psy pour mettre des mots sur mes maux, les mêmes que toi et encore encore en parler pour l'exorciser.Il n'y a pas 36 solutions on est obligées de passer
par là pour survivre puis revivre. Et n'oublie pas l'association "sos inceste pour revivre", un forum, une adresse mail, une ligne téléphonique avec des personnes formées à l'écoute de ce genre de
souffrance au bout du fil il suffit d'oser faire le pas.
Courage petite miss, fais le pour toi d'abord puis pour ton fils, il n'a pas demandé à venir porter cette souffrance, il ne demande pas à perdre sa maman.

Mlle Bé 25/08/2013 10:04



Merci paqui. Mais les psy, jusqu'à maintenant, ce n'est vraiment pas ma tasse de thé. M'asseoir pendant 45 minutes en face qde qqun pour nous regarder dans le blanc
des yeux sans que j'arrive à parler, puis partir en payant une somme que je ne possède pas, ou du moins que je ne vais plus posséder longtemps si je dois avoir des séances régulières, ce n'est
vraiment aps mon truc. Et ça me fatigue d'avance.


Bises



cailin 24/08/2013 22:25

Si tu peux, trouve un psy qui consulte dans ta région, à l'autre bout de la ville si nécessaire. Quelqu'un qui ne te connaît pas et à qui tu pourras tout dire, qui te fera travailler sur les choses
dont tu as peur. Ce sera difficile, mais ça peut t'apporter beaucoup et te soulager.

Je sais que ça a l'air un peu facile de te dire de t'accrocher, que ça ira mieux un jour, quand tu as tant de mal à le penser...

Tu n'as pas à être seule à porter ces douleurs, laisse-nous t'aider. Courage.

Mlle Bé 25/08/2013 10:01



J'ai déjà vu des psys. Ca ne m'a jamais aidée. Peut-être parce que ce n'était pas les bons. Je ne sais pas. Je suis fatiguée rien qu'à l'idée d'en chercher un, de
nouer un contact, puis de devoir tout recommencer parce que ça ne collera pas. Et, accessoirement, je n'ai pas 40 euros voire plus à mettre dans des séances régulières.


Désolée, je ne veux pas être froide, mais je suis fatiguée de ne pas voir de solution. Merci quand même de vouloir m'aider.



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